Candidat à la primaire de la gauche, Vincent Peillon va tenter d'exister entre Valls et Montebourg

PRÉSIDENTIELLE - L'ex-ministre de l'Education nationale de François Hollande a annoncé, ce dimanche sur France 2, sa candidature à la primaire de la gauche des 22 et 29 janvier prochains. Il devra trouver sa place à la gauche de Valls mais à la droite de Montebourg. Pas si simple.

La primaire de la gauche comporte un nouveau candidat. Depuis plusieurs jours des proches de François Hollande insistaient pour présenter un candidat pour contrer l'ancien Premier ministre. C'est désormais chose faite :  Vincent Peillon, l'ex-ministre de l'Education nationale du gouvernement Hollande 1, a annoncé qu'il se portait candidat. "Je veux être le candidat du rassemblement", a-t-il déclaré au 20 heures de France 2.


"Je n'avais pas prévu d'être (candidat) car je considérais que le président de la République devait porter les couleurs de ce bilan et de ce nouveau projet, j'ai pris (la décision) le soir où il a fait son annonce" a-t-il expliqué.


Après 2 ans et demi d'absence (ou d'abstinence) médiatique, l'eurodéputé de 56 ans fait donc un retour surprise sur la scène politique. Depuis sa sortie du gouvernement en 2014,  Peillon se consacrait en effet aux cours de philosophie  à l'université de Neuchâtel, en Suisse, et à l'écriture de romans en plus de son mandat européen. Contre toute attente, certains de ses proches avaient confié cette semaine à LCI que "sa décision était prise". "Il va se déclarer ce week-end car il manque une gauche fidèle aux valeurs sociales-démocrates". Les noms de Christiane Taubira et Marisol Touraine avaient dans un premier temps circulé, puis cette dernière avait déclaré forfait

Personne ne sait ce qu’il pense, sur rien. Cela fait deux ans qu’il a disparuUn proche de Martine Aubry

Vincent Peillon aurait ainsi été poussé par des proches de Hollande afin que que soit représentée sa sensibilité politique. "Il n’a jamais égratigné le président, il n’a pas soutenu la déchéance de nationalité, il porte une vision entre Manuel Valls et Arnaud Montebourg. C’est la candidature qui va permettre à beaucoup de retrouver espoir. Vincent Peillon viendrait occuper un espace politique non-occupé",  avait analysé l'un d'eux pour LCI. 


De leur côté, les aubrystes assument moins leur rôle présumé dans cette candidature. Martine Aubry elle-même a démenti être allé chercher Peillon. Son entourage nous a confirmé n'avoir "pas  de contacts avec lui". Plus globalement, le choix de faire se présenter Vincent Peillon, député européen sorti du paysage politique, interroge. "Personne ne sait ce qu’il pense, sur rien. Cela fait deux ans qu’il a disparu. Personne ne veut Peillon. Ils tentent de forcer le monde", poursuit un proche d'Aubry. 

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Manuel Valls, dont la candidature n'a pas à ce stade suscité d'élan particulier dans son camp, avait accueilli plutôt fraîchement ce retour annoncé de Vincent Peillon. "On ne peut pas être candidat pour affaiblir. C'est ma conception. On ne peut pas être candidat contre", a-t-il dit mercredi. Les proches de l'ex-Premier ministres sont plus sévères. Peillon "revient parce qu'il y a un certain nombre de gens qui  n'acceptent pas ce qui vient de se passer (le renoncement de M. Hollande), je  le regrette", a estimé cette semaine sur BFM TV Didier Guillaume, patron des sénateurs PS et directeur de campagne de Valls. 


La candidature de M. Peillon n'est pas non plus forcément une bonne  nouvelle pour Arnaud Montebourg et Benoît Hamon : si elle affaiblit Manuel  Valls au premier tour, elle est susceptible de lui apporter un réservoir de voix pour le second. Proche de Benoît Hamon, le député Pascal Cherki a raillé vendredi auprès sa candidature, la comparant à celle de Jean-François Copé, "qui  occupait aussi une position centrale à l'UMP", et qui a obtenu 0,3 % des voix à  la primaire de la droite.

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