L'ex-conseiller Aquilino Morelle, dur avec Hollande, tendre avec Montebourg, Peillon, Hamon et même Valls

PRIMAIRE PARTI SOCIALISTE

VERDICT - Invité de LCI vendredi matin, Aquilino Morelle, l'ex-conseiller de François Hollande qui publie un livre au vitriol sur le président de la République, a jugé avec bienveillance la prestation télévisée des candidats à la primaire jeudi soir.

Le regard affuté d'un ancien conseiller présidentiel est toujours utile pour éclairer un débat. Qu'a donc pensé Aquilino Morelle, ancien proche et désormais ennemi de François Hollande, de la prestation des sept candidats de la primaire, jeudi soir sur TF1 ?

C'est simple : celui qui publie L'Abdication, un livre au vitriol sur le quinquennat de François Hollande et ses renoncements, ne pense que du bien (ou presque) des prétendants à la candidature pour 2017. Concernant Arnaud Montebourg, c'est assez logique, puisque les deux hommes sont très proches. "Bon", "sûr de lui, avec une position de surplomb, plus de hauteur que les autres candidats", jauge l'expert en politique à propos du candidat du "made in France". Qui se sent obliger de préciser : 

Ce n'est pas seulement mon ami, je suis en phase avec ses idées"- Aquilino Morelle

Même Manuel Valls est épargné

Mais selon Aquilino Morelle, même ceux qui ne partagent pas forcément ses idées s'en sont bien sortis. Même l'ex-Premier ministre, artisan de la loi Travail conspuée par les frondeurs socialistes et du tournant "social-libéral" reproché à François Hollande ? "Manuel Valls était très bon aussi", juge-t-il, magnanime. Notamment sur les thèmes régaliens". Benoît Hamon ? "Très cohérent sur son projet vraiment à gauche". Vincent Peillon ? "Un peu en retrait, un peu professoral", mais "très structuré". Seul Jean-Luc Bennahmias, finalement, était selon lui "un peu décalé" par rapport à l'enjeu. 

S'il est tendre avec les anciens ministres de François Hollande, Aquilino Morelle a en revanche les mots les plus durs pour l'actuel chef de l'Etat, dont il "ne connaissait pas les convictions libérales" avant qu'il n'exerce le pouvoir, et qui a "abdiqué" en renonçant aux engagements pris lors du discours du Bourget début 2012. "La rupture d'opinion entre le Président et les Français est intervenue très tôt", assure-t-il, "peut-être après Florange, peut-être même avant".

Je pense que François Hollande n’a pas exercé le pouvoir de la manière dont les Français le souhaitaient. Peut-être avait-il quelques réticences par rapport à cette fonction"- Aquilino Morelle

L'ex-conseiller déchu sur fond de cirage de chaussures l'assure : ce livre "n'est pas une vengeance". D'ailleurs, "si François Hollande ne m'avait pas viré, je serais parti". Et, précise-t-il, il aurait probablement publié le même livre...

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Aquilino Morelle sur F. Hollande : "Je ne connaissais pas ses convictions libérales"

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