Candidature de François Hollande : ses fidèles se mettent en ordre de marche

MÉTHODE COUÉ - A trois mois de la primaire organisée par le Parti socialiste, les alliés de François Hollande préparent le terrain pour leur champion. En dépit d'un environnement particulièrement défavorable et d'une certaine confusion sur la méthode à suivre.

Surtout ne rien lâcher. Et faire comme si le plan de bataille pour une nouvelle candidature du chef de l’Etat se déroulait comme prévu. Malgré les mauvais chiffres du chômage et les sondages catastrophiques, les hollandais s’organisent pour préparer le terrain à leur champion. Ce sera d’abord sous forme d’un appel à se ranger derrière le président. Une démonstration de force orchestrée par les proches du président, Stéphane Le Foll, François Rebsamen et les présidents des groupes PS à l’Assemblée et au Sénat Bruno Le Roux et Didier Guillaume.

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Hollande dispose d'un bon bilanPierre Jouvet

Sont attendues les signatures de parlementaires, présidents de régions et de départements, élus locaux, premiers fédéraux, cadres et militants. A la manœuvre directe, Pierre Jouvet, membre de la direction du parti et chargé de la mobilisation interne. C’est lui qui se fait fort de convaincre les responsables des fédérations de lui prêter main forte pour rassembler les soutiens. Parfois avec maladresse lorsqu’il se fend d’un simple SMS à un responsable fédéral aussitôt divulgué dans la presse

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Les hollandais, combien de troupes ? C’est bien toute la question. Beaucoup de députés ou sénateurs socialistes sont encore hésitants à s’engager immédiatement derrière un François Hollande affaibli. Pierre Jouvet préfère mettre en avant le projet plutôt que la personne : "Ce n’est pas une question de casting. C’est un appel sur le fond que nous voulons initier. Le président de la République dispose d’un bon bilan, sans doute mal expliqué, il a développé ses premières thématiques de campagne dans son discours de Wagram : défense du modèle social, redressement des comptes publics, soutien aux entreprises et place de la France. Tout cela permet d’installer un vrai débat gauche-droite. Et c’est lui qui pourrait le mieux l’incarner".

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Le PS en ordre de marche derrière le président ?

L’initiative a le don d’agacer les "frondeurs". "Ça ressemble trop à une opération sauvetage du soldat Hollande. Ils ont peur qu’il lâche et qu’il renonce à se présenter. Du coup, ils en rajoutent dans la surmobilisation derrière lui", dit l’un d’entre eux. Le rôle de la rue de Solférino est aussi pointée du doigt. Pour Marie-Noëlle Lienemann, candidate officielle à la primaire du PS, "La direction du parti doit être garante de l’équité de traitement des candidats. Comme pendant la primaire de 2011. Que certains, à titre individuel, veuillent soutenir le président, c’est leur droit, mais ce n’est pas à la direction d’organiser la campagne de François Hollande à travers une initiative collective".


Et Laurent Baumel de renchérir : "Je regrette que le parti décide de mettre les moyens au service d’un camp, ce n’est pas en phase avec ce qu’on avait demandé pour l’organisation de la primaire. Mais, de toutes façons, ça n’aura aucun impact." Des accusations de partialité réfutées par Pierre Jouvet : "C’est vrai, J’ai des responsabilités au PS, mais je ne suis pas le Premier secrétaire. Jean-Christophe Cambadélis reste neutre. C’est une initiative des seuls hollandais du parti."


 Pour autant, le déclenchement de ce soutien massif du PS à François Hollande reste encore à préciser. Chez les proches, on peine à accorder ses violons pour déterminer la date et la forme de ce soutien public. Petite cacophonie qui traduit bien les interrogations et les hésitations des fidèles du président.

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