Manuel Valls candidat à la primaire du PS : Macron et Fillon, ses premières cibles

A L'ATTAQUE - A peine déclaré candidat à la primaire de la gauche organisée par le PS, Manuel Valls a fait allusion à Emmanuel Macron, candidat à la présidentielle, et attaqué en règle le programme de François Fillon. La campagne n'attend pas.

Manuel Valls est un homme pressé. Le Premier ministre, qui présentera sa démission du gouvernement mardi, a annoncé sa candidature "à la présidentielle" (sic), c'est-à-dire à la primaire socialiste, dès les premières secondes de son intervention depuis Evry, lundi soir. Il n'a pas mis longtemps, non plus, à désigner ses premiers adversaires : Emmanuel Macron, son ancien ministre de l'Economie et candidat hors primaire, et François Fillon, le champion de la droite. 


S'il n'a jamais nommé Emmanuel Macron durant son discours, Manuel Valls l'a bel et bien égratigné à plusieurs reprises. D'abord par une allusion à peine voilée à sa démission de Bercy, qu'il assimile à une démarche individuelle qu'il distingue de la sienne : 

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Ensuite, en faisant référence à sa propre expérience au sommet de l'Etat. Face aux difficultés du monde actuel, Manuel Valls a précisé qu'il fallait "une expérience forte". "Elle ne s’invente pas, ne s’improvise pas", a-t-il lancé, en guise d'allusion au jeune ministre démissionnaire. 


Enfin, l'attaque la plus tranchante contre l'ancien patron de Bercy est venue lors d'un propos sur la jeunesse de France, cœur de cible d'Emmanuel Macron, dont ce dernier avait estimé qu'elle devait "avoir envie de devenir milliardaire". "Je veux que la jeunesse de mon pays réussisse", a répondu le Premier ministre. "Cette réussite ne peut pas être que financière [...] La réussite ne se mesure pas qu'au compte en banque, mais à la lumière que l'on a dans les yeux."

La seconde attaque portée par le candidat Manuel Valls vise tout naturellement le vainqueur de la primaire de la droite. Fustigeant le programme "de régression sociale" de François Fillon, il a égréné ce qu'il considère comme de "vieilles recettes des années 1980". "Je ne veux pas que les fonctionnaires travaillent plus pour gagner moins", a défendu le chef du gouvernement, en référence à la proposition de François Fillon de faire passer le temps de travail de 35 à 39 heures dans la fonction publique. Avant de dénoncer "les déremboursements massifs" qui découleraient de la réforme de l'Assurance maladie voulue par la droite, les suppressions de postes de fonctionnaires ou le report de l'âge de départ à la retraite qui forcerait les salariés "à attendre 70 ans pour toucher une retraite à taux plein".


Bref, Manuel Valls, qui doit démissionner mardi, n'a pas attendu 24 heures pour entrer en campagne et attaquer les concurrents à sa droite sur l'échiquier politique. En revanche, il a soigneusement évité pour l'heure toute agression contre les concurrents à sa gauche, Arnaud Montebourg en tête. A ces derniers, il préfère parler "d'unité". 

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