"On a le droit de changer d'avis" : Manuel Valls, un début de campagne en trois volte-face

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La candidature de Manuel Valls

FINALEMENT... - Le Manuel Valls candidat à la primaire de la gauche n'a pas les mêmes opinions que le Manuel Valls Premier ministre ni que le Manuel Valls d'avant 2012. "On peut changer d'avis", s'est-il justifié sur TF1, alors qu'il participe jeudi 5 janvier à "L'Emission politique" sur France 2.

La défiscalisation des heures supplémentaires

Dans son programme de campagne dévoilé mardi 3 janvier, Manuel Valls indique qu'il veut rétablir les heures supplémentaires défiscalisées, mises en place par Nicolas Sarkozy puis supprimées par la gauche en 2012, pour "redonner du pouvoir d'achat à tous les travailleurs". "Les salariés comme les fonctionnaires nous ont dit : 'On a perdu du pouvoir d’achat, nous travaillons davantage et on voulait évidemment être rémunérés davantage’. Donc moi j’entends ce que me disent les salariés", a expliqué Manuel Valls sur le plateau du JT de 20H de TF1 ce mercredi. "Je crois qu’il faut y revenir en la plafonnant. Je crois que c’est une mesure de bon sens, de justice pour les salariés" a estimé l'ancien Premier ministre, qui l'a longtemps critiquée.

En effet, en 2008 il déclarait, ainsi que le rappelle Brut : "Les dispositifs de défiscalisation des heures supplémentaires mis en place par la majorité ne marchent pas, c’est une usine à gaz ". En 2011, il avait ajouté que les heures supplémentaires défiscalisées n'avaient "rien changé" et "détruit l'emploi" - l'OFCE estime que ce dispositif aurait détruit 30.000 postes entre 2007 et 2011. Au 20h, il a pourtant défendu son droit à "changer d'avis". "On doit être capable de regarder ce qui se fait de bon et de bien dans tel ou tel camp. Et sur cette mesure, oui, je crois qu’il faut y revenir en la plafonnant", a-t-il ajouté.

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Défiscalisations des heures supplémentaires : "On a le droit de changer d'avis", affirme Manuel Valls

Le 49.3

Il y a quelques semaines, Manuel Valls a surpris tout le monde en annonçant qu'il souhaitait supprimer "purement et simplement" le 49.3 hors textes burdgétaires, après l'avoir utilisé lui-même à plusieurs reprises, pour la loi Travail et la loi Macron. "Je connais parfaitement les effets pervers du 49.3. Je suis très lucide, et puis j'ai appris, et on prend du recul. Dans la société de participation dans laquelle nous vivons, son utilisation est devenue dépassée et elle apparaît comme brutale", avait déclaré Manuel Valls pour expliquer sa décision. Dans "Le Canard enchaîné", il expliquait ainsi vouloir "désamorcer" ce dossier sensible avec "pédagogie" afin d'éviter que le sujet ne soit trop présent lors des débats de la primaire de la gauche.

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Une "gauchisation" de son discours

Lors de la présentation de son programme mardi, Manuel Valls s'est expliqué sur la "gauchisation" de son discours. Et pour cause : en 2011, celui qui fit 5% à la primaire du PS voulait "déverrouiller les 35 heures" et supprimer l'ISF ; en 2017, impossible d'en trouver la trace dans son projet. Les propositions de l'ancien Premier ministre s'ancrent pleinement dans une primaire orientée très à gauche. "Vous savez, en six ans, vous avez changé, la société française aussi, moi aussi, j'ai appris les responsabilités, je les ai assumées et aujourd'hui je suis candidat à l'élection présidentielle". Avec un centre-gauche déjà occupé par Emmanuel Macron, Manuel Valls a toute les raisons de vouloir faire oublier ses déclarations sur "les gauches irréconciliables", son intransigeance sur la loi Travail toujours pas digérée par une partie de la gauche et de prôner plus que jamais le rassemblement.

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Peillon-Valls : le face à face des programmes

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