VIDÉO - Manuel Valls : lui candidat, il a multiplié les figures de style

POÉSIE POLITIQUE - C'était une déclaration de candidature, mais pas que. Lundi 5 décembre à Evry, Manuel Valls a donné à son discours une tonalité bien sentie en usant de quelques figures de style...

Le lyrisme était à la fête, lundi 5 décembre à Evry. A l'occasion de l'annonce de sa candidature, Manuel Valls, qui nous avait habitué à un discours où le carré l'emportait souvent sur la rondeur, a mis les formes.


"Je ne veux pas de...", "rien n'est écrit", remettre de la "lumière dans les yeux" de ses concitoyens... Cinq ans après la célèbre anaphore "moi président de la République" et le plus oublié "réenchanter le rêve français" de François Hollande, le Premier ministre a fait dans la figure de style, comme l'a repéré l'Agence France Presse.

Je ne veux pasL'anaphore, un hommage à Hollande

François Hollande s'en était servi pour installer sa "présidence normale" et critiquer lourdement "l'hyperprésidence" de Nicolas Sarkozy, Manuel Valls s'appuie dessus pour critiquer... François Fillon, la droite et l'extrême droite, et pour effacer un bilan un peu trop libéral et autoritaire des mémoires de gauche. Des vertus de la répétition.

  • 1Les fonctionnaires

    "Je ne veux pas que les fonctionnaires travaillent plus pour gagner moins", je ne veux pas que les déremboursements massifs de médicaments empêchent les plus modestes de se soigner"
  • 2La Sécurité sociale

    "Je ne veux pas que les déremboursements massifs de médicaments empêchent les plus modestes de se soigner"
  • 3L'éducation et la sécurité

    "Je ne veux pas que nos enfants aient moins de professeurs, que nos villes et nos campagnes aient moins de policiers ou de gendarmes, je ne veux pas que l'on casse notre sécurité sociale, l'hôpital public"
  • 4Les retraites

    "Je ne veux pas que nos aînés aient moins de protection, et que les salariés attendent 70 ans, 70 ans, pour toucher une retraite à taux plein."
Rien n'est écritL'épiphore

Là encore, la répétition. Comme une méthode coué pour persuader la gauche qu'elle peut aller au second tour face à la droite ou à l'extrême droite, que "les gauches irréconciliables" - une expression qui risque de le suivre pendant fort longtemps - peuvent finalement se réconcilier. A quatre reprises, l'ex futur Premier ministre utilise l'épiphore, figure de répétition placée en fin de plusieurs phrases successives pour mieux installer son propos. Une expression précédée de l'anaphore "on nous dit", manière de placer son auditoire en résistance vis-à-vis des scénarios écrits à l'avance.

On nous dit que la gauche n'a aucune chance mais rien n'est écrit. On nous dit qu'elle ne rassemblera jamais, qu'elle en est incapable, rien n'est écrit. On nous dit que l'extrême droite est qualifiée d'office pour le second tour, rien n'est écrit. On nous dit que François Fillon est déjà le prochain président de la République, rien n'est écritManuel Valls à Evry, le 5 décembre 2016

Avant de conclure, dans une envolée digne d'Olivier Besancenot : "Nos vies valent mieux que les pronostics."

En vidéo

Manuel Valls et François Hollande : quelles similitudes dans le discours ?

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L'envolée finale

Dernière signature du discours vallsien : la métonymie employée pour dézinguer Emmanuel Macron et continuer son opération "reconquête à gauche". 

La réussite ne se mesure pas au montant du compte en banque, elle se mesure à la lumière que l'on a dans les yeuxLa métonymie, le troisième acte

L'autre candidat social-libéral, Emmanuel Macron, qui souhaitait en son temps que chaque jeune fasse le rêve d'être "milliardaire", appréciera.

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