Présidentielle : Hamon lucide sur ses difficultés à rassembler la gauche s'il gagne la primaire

MISSION IMPOSSIBLE ? – Arrivé en tête du premier tour de la primaire de la gauche dimanche soir et grand favori du second, Benoît Hamon a admis ce lundi matin sur France Intern qu’il aurait cependant toutes les difficultés du monde à rassembler l'ensemble des composantes de la gauche s'il est choisi pour être le candidat socialiste.

Le constat de Benoît Hamon a au moins le mérite de la lucidité. "La gauche est affaiblie, elle connait une séquence compliquée à la fois parce qu’il y a une offre politique autour du Parti socialiste, plus celle de Jean-Luc Mélenchon et de Yannick Jadot d’une part, et enfin celle d’Emmanuel Macron d’autre part", a déclaré ce lundi matin sur France Inter le vainqueur du premier tour de la primaire de la gauche. 


Or, pour l’emporter en mai prochain, la gauche devra se rassembler pour ne pas laisser un boulevard à François Fillon et Marine Le Pen au premier tour de l’élection présidentielle. Mais les perspectives de ce rassemblement s’éloignent à mesure que le scrutin se rapproche. 

D’ailleurs, Benoît Hamon semble ne pas se faire beaucoup d’illusions sur sa capacité à négocier avec les autres forces de la gauche. "Je tenterais mais je ne suis pas dupe des portes closes auxquelles je risque de me cogner", confesse-t-il sans masquer un certain embarras.


"Sur le fond, le dialogue est possible" juge le socialiste. Mais il doute que Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron "veulent parler". Pour lui, ils préfèrent miser sur "la mort du Parti socialiste" même si "cela ne fait pas un projet politique", assène le député des Yvelines.

Le PS au bord de l'implosion ?

Pour Benoît Hamon, ce rassemblement autour d’une gauche plurielle est plus que jamais nécessaire. "Il me semble aujourd’hui qu’au vu de l’urgence écologique et sociale, il y a matière à construire ensemble ce programme commun. En tout cas, moi j’aspire à cela", a-t-il déclaré, rappelant que "ceux qui nous ont précédés l'ont fait auparavant", en référence à François Mitterrand ou encore Lionel Jospin. 


Mais le dialogue sera d’autant plus compliqué car, au sein même du PS, la perspective de victoire de Benoît Hamon laisse entrevoir une fracture importante. Dimanche soir, Manuel Valls a ainsi eu des mots très durs vis-à-vis de l’ancien ministre de l’Éducation nationale. "Un choix très clair se présente désormais à nous, et à vous. Le choix entre la défaite assurée et la victoire possible", a-t-il lancé. 

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Ce "discours de fermeture, voire, à vrai dire, de cassure" de Manuel Valls qui inquiète la députée PS des Hautes-Alpes, Karine Berger, qui a soutenu Vincent Peillon. "Je ne veux pas me retrouver lundi prochain devant un champ de ruine avec un tiers du PS qui part d'un côté ou de l'autre. C'est leur travail, leur responsabilité", a lancé sur LCI la parlementaire. 

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