Primaire à gauche : qui sont les gagnants et les perdants du deuxième débat ?

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BILAN - Les sept postulant de la primaire de gauche ont croisé de fer pour le deuxième fois dimanche soir lors d'un débat télévisé. Qui a tiré son épingle du jeu ? Qui patine ? LCI tente de faire le point.

Tous satisfaits. A la sortie du Studio Gabriel, dimanche soir, les sept candidats de la primaire se montraient manifestement contents de leurs prestations respectives après 2h30 de ce deuxième débat


Les téléspectateurs - du moins ceux de l'échantillon Elabe pour BFMTV publié après l'émission - ont été un peu plus tranchés, plaçant Arnaud Montebourg (29%), Manuel Valls (26%) et Benoît Hamon (25%) loin devant Vincent Peillon (8%) et les autres concurrents. Chez les sympathisants de gauche en particulier, Benoît Hamon est arrivé en tête (30%), devant Manuel Valls (28%) et Arnaud Montebourg (24%). 


Alors, à l'arrivée, qui peut se réjouir de sa prestation ?

Vincent Peillon, le plus offensif

Le député européen, qui comptait sur ce second round pour faire oublier une première confrontation jugée un peu terne, s'est montré à l'aise sur ses thèmes de prédilection, l'Europe et l'éducation, qui lui a donné l'occasion de rappeler sa "loi de refondation" de l'école. Mais surtout, Vincent Peillon l'outsider a été quasiment le seul des sept prétendants à oser, tout en se posant en rassembleur, interpeller ses concurrents sur des thèmes symboliques, comme lors de cet échange avec Manuel Valls sur l'accueil des réfugiés. 

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François de Rugy, le plus clair (sur le nucléaire)

Le député écologiste a sauté sur l'occasion du débat sur la transition énergétique pour afficher ses convictions sur l'avenir du nucléaire. "J'ai sursauté quand j'ai entendu Vincent Peillon dire que le nucléaire était l'énergie la plus propre", a lancé l'ex-EELV, rappelant que l'uranium était très majoritairement importé. Face à lui, outre Benoît Hamon, qui a épousé les thèses des anti-nucléaires, les autres candidats se sont montrés plus flous sur les objectifs en matière de développement des énergies renouvelables et surtout sur l'avenir de la filière nucléaire.

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Benoît Hamon, le plus carré

Le député des Yvelines a confirmé dimanche soir, quitte à surprendre un peu moins cette fois, l'impression donnée lors du premier débat et depuis le début de sa campagne, de maîtriser ses propositions. En assumant un projet classé à gauche, comme la nécessité, selon lui, d'accueillir davantage de réfugiés, il prend certes le risque de s'éloigner une partie de l'électorat de la primaire, mais il clive utilement le débat. Il a également donné l'impression d'être plus précis que les autres sur certains sujets, comme son idée de plafonner les classes à 25 élèves. 

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Jean-Luc Bennahmias, le plus flou

Il avait donné l'impression de patauger à de nombreuses reprises lors du premier débat. Dimanche soir, Jean-Luc Bennahmias a pu développer certains thèmes qui lui sont chers : "l'arc progressiste" rassemblant "de Mélenchon à NKM" ou encore l'avenir de l'Union européenne à 27. Malgré tout, le candidat écologiste s'est montré plutôt flou, commentant les grands sujets de société à défaut de propositions concrètes. Il aura tout de même été l'auteur de la sortie la plus drôle de la soirée, lors du débat sur le cannabis : 

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Sylvia Pinel, la plus prévisible

A l'instar du premier débat, Sylvia Pinel a égréné sans surprise le programme du PRG, dans l'ombre de Manuel Valls, dont elle peinait à se démarquer. Si l'élue radicale a imprimé quelques idées fortes, notamment sur la reconnaissance d'un "droit d'asile européen" ou son approche de la légalisation du cannabis, elle n'a pas réussi à se démarquer clairement et à faire valoir ses propositions de campagne. Sauf lorsqu'elle a pris la défense du quinquennat de François Hollande. "On peut avoir des nuances, mais on ne peut pas laisser dire que rien n'a été fait pendant ces cinq ans", a-t-elle martelé à l'adresse de ses concurrents. 

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Manuel Valls, le plus retenu

La situation paradoxale de Manuel Valls n'est pas sans rappeler celle de Nicolas Sarkozy lors de la primaire à droite : attaqué de toutes parts, mis sur la défensive tout en bénéficiant de son indéniable stature d'homme d'Etat. Le bilan est à peu près similaire à celui du premier débat : l'ex-Premier ministre aura passé plus de temps à défendre son bilan commun avec François Hollande qu'à développer des propositions concrètes pour l'avenir. Valls le clivant aura-t-il, dans cette campagne, laissé la place à un Valls plus consensuel pour être plus rassembleur ? Le candidat aura tout de même eu l'occasion de marteler ses convictions marquée face à ses concurrents sur le cannabis, mais surtout sur la défense de la laïcité. 

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Arnaud Montebourg, le plus absent

Le défenseur du "made in France" a confirmé l'impression laissée lors du premier débat : éloquent et volubile, voire provocateur en meeting, Arnaud Montebourg offre une image plus consensuelle et plus pâle dans la confrontation avec ses camarades. Volonté de se "normaliser" ? De se donner une stature présidentielle ? L'ancien ministre de l'Economie s'est tout de même enflammé un peu en plaidant pour "la fin de l'austérité" en Europe, ou pour tacler le propriétaire d'iTélé, Vincent Bolloré, quitte à se heurter à la journaliste Laurence Ferrari... Mais en contenant sa personnalité, il aura finalement eu peu d'occasions de faire valoir son originalité. 

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