C'est l'homme qui monte à gauche : comment expliquer la dynamique de Benoît Hamon

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Benoît Hamon, candidat du PS à la présidentielle

DÉCRYPTAGE - L’ancien ministre de l’Éducation nationale, Benoît Hamon, sera-t-il la surprise de la primaire de la gauche ? Selon un sondage Harris Interactive, il a progressé de 11 points en un mois et talonne désormais Arnaud Montebourg en vue de la qualification au 2e tour. Aurait-il trouvé la martingale pour l’emporter ?

N’allez surtout pas comparer la dynamique de François Fillon à celle de Benoît Hamon auprès des partisans du candidat socialiste : ces derniers ne voudraient en effet surtout pas s’attirer le mauvais œil. 

Pour l’heure, le député PS des Yvelines s’impose comme le troisième homme de la primaire de la gauche. Ce que François Fillon était lui aussi parvenu à réaliser durant la primaire de la droite et du centre avant de coiffer Alain Juppé et Nicolas Sarkozy sur le poteau. Benoît Hamon et ses troupes rêvent évidemment d’un tel scénario face à Manuel Valls et Arnaud Montebourg. 

Une gauche qui assume

Les points communs entre l'ancien ministre de l'Education nationale et le candidat LR ne s’arrêtent pas là. Les deux hommes ont ainsi fait le pari d’un projet fidèle à leur identité politique. A droite toute pour François Fillon, avec le succès que l’on sait. Et à gauche toute pour Benoît Hamon. "Face à une droite totale, nous avons plus que jamais besoin d’une gauche qui s’assume, à la fois moderne et ambitieuse", souligne pour LCI son directeur de campagne, le député PS Mathieu Hanotin. 

Un pari qui semble fonctionner pour le moment. Selon un sondage Harris Interactive publié ce jeudi, Benoît Hamon enregistre une progression de 11 points en un mois. Ce qui l'amène à 22% des intentions de vote, à seulement de trois points de l'actuel deuxième place occupée par Arnaud Montebourg. Comment expliquer une telle évolution ? Selon ce même sondage, 84% des sympathisants de gauche louent chez lui son honnêteté. "A la fois sur le plan personnel mais aussi sur le plan intellectuel", fait remarquer Jean-Daniel Levy, le directeur du département Politique & Opinion d'Harris Interactive. "Les thématiques qu’il développe (l’égalité homme-femme, l’écologie, la santé) trouvent aussi un certain écho dans son électorat", ajoute-t-il. 

Des réponses pas seulement "court-termistes"

Pour Mathieu Hanotin, la modernité du programme de Benoît Hamon est également l’un des moteurs de sa popularité. "Nous sommes au-devant d’une véritable révolution digitale avec une robotisation massive qui va arriver et qui va être destructrice d’emplois (…). Benoit Hamon est le seul à essayer de penser les choses" en proposant "des solutions qui ne soient pas seulement court-termistes".

D’où son idée de créer un revenu universel dont l’objectif est double : "Eradiquer la grande précarité et contribuer à définir un nouveau rapport au travail et au temps libre", écrit le candidat dans son programme. Une idée largement critiquée par ses concurrents de la primaire de gauche mais qui a au moins le mérite de placer ses propositions au cœur du débat.

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Une dynamique qui ne surprend pas son camp

Si Mathieu Hanotin refuse de fanfaronner devant le sondage Harris Interactive, il y voit toutefois la confirmation que la campagne a bien démarré. "Les chiffres bruts donnés par les sondages ne veulent rien dire mais ce qu’ils analysent très bien au moment où ils sont faits, ce sont les dynamiques de campagne", rappelle-t-il.

Et de ce point de vue-là, le directeur de campagne de Benoît Hamoin n’est pas surpris par une telle progression car elle témoigne de "la réalité du terrain". Signe qui ne trompe pas, les salles louées pour les réunions publiques sont pleines. Tiens, comme celles louées lors de la primaire de la droite par… un certain François Fillon. 

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