Primaire de la gauche : Macron s’invite (encore) dans le débat et se fait gentiment basher

SEPT CONTRE UN - Les sept candidats à la primaire de la gauche ont une nouvelle fois été interrogés sur le cas Emmanuel Macron au cours de ce troisième débat. Tous ont rejeté l'idée de se ranger derrière le fondateur d'"En Marche !" pour accéder au second tour de la présidentielle en mai prochain.

Emmanuel Macron est toujours présent dans les débats de la primaire de la gauche. Et comme à chaque fois, l'ancien ministre de l'Economie, qui a choisi de se présenter en dehors du scrutin organisé par le PS, a fait l'unanimité contre lui. Alors qu'il est fort dans les sondages et que la gauche est menacée d'être éliminée au premier tour de l'élection présidentielle, la question d'une alliance avec le fondateur du mouvement "En Marche !" se pose. Mais sans surprise, les sept candidats l'ont rejetée.

Benoît Hamon : "Je trouve ça vieux"

"Il nous opposera les sondages, moi je lui opposerai la légitimité d’un suffrage démocratique" a commencé Benoît Hamon. "Surtout, moi j'observe son aventure. Sur le fond, elle n'est pas inintéressante, je la trouve terriblement classique. Je trouve que ça ressemble à beaucoup de choses que nous avons connu dans le passé, à des recettes expérimentées par un Tony Blair il y a vingt ans." "On a le droit de regarder ce que dit Emmanuel Macron, je ne trouve pas cela inintéressant, je trouve cela tout simplement vieux" a-t-il conclu.

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Hamon sur Macron : "Son aventure, je la trouve terriblement classique"

Montebourg : "Quand c'est flou, il y a un loup"

Arnaud Montebourg a enchaîné en expliquant lui aussi que les suffrages étaient supérieurs aux sondages. "Les sondages c’est 1000 personnes, les suffrages c’est peut-être 2 millions, 3 millions. Il y a quelque chose qui est confus dans la candidature d’Emmanuel Macron, pourtant je lui accorde toute la sympathie à titre personnel. Je ne comprends pas comment on peut aller au Puy-du-Fou chez Philippe de Villiers faire son éloge, ensuite prendre le train aller à Nevers et faire l’éloge de François Mitterrand, reprendre le train chez Valéry Giscard d’Estaing, recevoir entre deux voyages et escales le soutien de Jean-Pierre Raffarin et les critiques de Gérard Larcher. Personne ne comprend rien. […] Et comme disait quelqu’un : quand c’est flou il y a un loup." 


Une expression qui a bien fait rire sur le plateau, car elle faisait référence à une phrase prononcée par Martine Aubry en octobre 2011 à quelques jours du premier tour des primaires. Elle avait dit à propos de François Hollande au lendemain d’un débat télévisé : "J’ai bien compris qu’il essayait de passer entre les gouttes quand je lui posais un certain nombre de questions (…) Ma grand-mère disait : quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup…."

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Montebourg à propos de Macron : "Quand c'est flou, il y a un loup"

Vincent Peillon : "Macron c'est l'enfant prodigue : il est parti, il reviendra"

Vincent Peillon a enchaîné dans une tirade plutôt moqueuse envers l'ancien ministre de l'Economie. "Macron ne nous fait pas peur. On l’a connu secrétaire général adjoint de l’Elysée, il était charmant. On l’a connu ministre, il était assez raisonnable. Aujourd'hui il mène une aventure franchement tout à fait respectable. Je regrette qu’il ne soit pas venu dialoguer avec nous, vous auriez vu un spectacle que vous auriez vu dans un mois, un mois et demi. Soyez patient. Pour l’instant je suis confiant, la gauche se rassemblera. Il cherche à faire croire que ce n’est pas la gauche qui l’a nommé. Pas de chance, il était ministre de Hollande. Sa famille l’accueillera. C’est un peu l’enfant prodigue : il est parti, il reviendra."

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"Macron ne nous fait pas peur" : Peillon raille le candidat à la présidentielle

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