VIDÉO - Primaire de la gauche et légalisation du cannabis : le débat est ouvert

FUMETTE - La légalisation du cannabis pourrait-il devenir un enjeu de la campagne de la primaire de la gauche? Cinq candidats sur les sept en lice sont favorables à une évolution législative. Retour sur leurs positions respectives.

Le débat revient régulièrement sur la table mais aucun homme politique au pouvoir n’a encore pris le sujet à bras le corps. Et pourtant, les Français sont de grands consommateurs de cannabis, les plus gros d’Europe. On en trouve partout très facilement aux quatre coins du pays. 84% des Français estiment d’ailleurs que la législation actuelle est inefficace, selon un récent sondage IFOP (octobre 2016). À gauche de l’échiquier politique, de nombreuses voix s’élèvent pour ouvrir le débat. Les candidats de la primaire de la gauche ont, quant à eux, déjà leur idée sur la question.

Ils sont pour la légalisation

Benoît HAMON


L’ancien ministre ne laisse pas de place aux sous-entendus. Benoît Hamon souhaite légaliser le cannabis pour mieux le combattre. "Je pense surtout qu'il faut qu'on s'attaque à la vraie gangrène, à savoir l'économie du cannabis", a-t-il déclaré. "C'est pour ça que ma position, c'est la légalisation du cannabis, pas simplement la dépénalisation d'usage. Afin que demain, nous puissions tuer ces trafics."

Sylvia PINEL


L'ancienne ministre du Logement, candidate du Parti radical de gauche, souhaite de son côté une légalisation encadrée. "Les réseaux et trafics pèsent sur la sécurité de nos concitoyens. Si c'est un pharmacien qui délivre une telle substance, il peut dispenser des conseils. [Il faut que] les professionnels de santé accompagnent ceux qui en consomment pour les aider éventuellement à se sevrer", a-t-elle souligné au micro de LCI.

François de RUGY


L'"écolo-centriste" veut lancer la commercialisation du cannabis sur le modèle des débits de tabac. "Toute vente en dehors de ce réseau contrôlé demeurera illégale", avance toutefois son programme. Un dispositif expérimental sur cinq ans est proposé afin d'en tirer les conclusions, ajuster le dispositif voire revenir à la case départ.

Jean-Luc BENNAHMIAS


Le sujet est selon un bon prétexte "pour des discours hypocrites et une diabolisation simpliste. Hypocrisie, car les discours nient la réalité des faits : sur le cannabis, la politique uniquement répressive est un échec", dénonce l'eurodéputé dans une tribune. Il a d'ailleurs participé à de nombreuses reprises aux rassemblements de l'"Appel du 18 joint" en faveur de la légalisation du cannabis.

Il souhaite la dépénalisation

Vincent PEILLON


 "Je ne suis pas favorable à la légalisation" du cannabis, a-t-il annoncé au début de l’année. Vincent Peillon se veut plus nuancé que ses rivaux, mais estime qu’il s’agit d’un "débat qui mérite d'être ouvert". Son directeur de campagne avait déjà annoncé la couleur courant décembre. "Rouvrir le débat, c’est induire le fait que la législation doit évoluer. Est-ce que l’on dit : 'oui, on dépénalise, point final', ou est-ce que l’on est dans une démarche graduée et dans l’idée de faire évoluer ?", avait interrogé Patrick Bloche. Une question que se posait déjà le candidat lors de la primaire de … 2012.

Ils sont contre toute évolution législative

Manuel VALLS et Arnaud MONTEBOURG


Fidèles à la politique menée durant le quinquennat par les socialistes, l'ancien ministre et l'ancien Premier ministre sont farouchement opposés à tout assouplissement de la loi. En octobre 2015, un rapport interministériel conduite par la Mildeca (lutte contre les drogues et les conduites addictives) préconisait de remplacer la peine d’un an de prison pour simple usage de drogue par une contravention et une amende forfaitaire avoisinant les 300 euros. Mais depuis, le dossier n’a pas évolué. La question s’est, semble-t-il, échappée dans un nuage de fumée. Sujet jugé trop tabou à l’approche de l’élection présidentielle.

Tout savoir sur

Tout savoir sur

2017 : la bataille de la gauche

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter