Primaire de la gauche : les 4 choses à retenir du troisième débat

PRIMAIRE PARTI SOCIALISTE
INVENTAIRE - Désaccords sur une assurance maladie universelle et le revenu universel, inquiétudes sur la politique de Donald Trump, Emmanuel Macron omniprésent.... Que devez-vous retenir de ce troisième débat de la primaire de la gauche, à trois jours du premier tour ?

Mutuelles, déficit public, revenu universel : fractures de gauche

Les sept candidats ont débuté le débat en abordant la question de l’assurance maladie et des mutuelles. Vincent Peillon et Arnaud Montebourg ont plaidé pour "une complémentaire santé publique". Le second propose même une "mutuelle publique" à 10 euros par mois, qui coûterait 1,9 milliard d’euros selon lui. François de Rugy a critiqué ce principe d’une assurance maladie universelle qui remplacerait les complémentaires santé, car pour la financer "il faudrait retrouver 42 milliards d’euros". "Je défends un système mixte", tel qu’il existe aujourd’hui, a-t-il prôné, rejoint par Sylvia Pinel... et Manuel Valls.


Les candidats ont ensuite montré des désaccords sur la question du déficit public de la France. Arnaud Montebourg et Benoît Hamon veulent s’affranchir de la règle des 3% imposée par l’Union européenne. Cette question a donné lieu à un échange tendu entre Manuel Valls et Vincent Peillon, pourtant en accord sur la question. Ce dernier ayant rendu un hommage à François Hollande qui "a divisé par deux (le déficit public) que nous avait laissé Nicolas Sarkozy" déclenche une protestation de Manuel Valls sur son propre rôle comme ancien Premier ministre. "Je suis obligé de dire quand même que le plus dur a été fait avant ton arrivée", a répliqué l'ancien ministre de l'Education. François Hollande avait promis de se conforter à la règle mais l'objectif a été repoussé à deux fois. La France n'a jamais connu de déficit inférieur à 3% depuis la crise financière de 2008.


Enfin, les adversaires de Benoît Hamon, l’homme qui monte dans les sondages, n’ont pas manqué non plus de critiquer son idée de revenu universel.  

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Donald Trump vivement critiqué

A la veille de l’investiture du président américain, les candidats ont exprimé leur inquiétude. Ils ont notamment déploré ses récents propos contre la politique européenne, notamment la politique migratoire de l’Allemagne. Pour Manuel Valls, qui a même tenu à critiquer le milliardaire dès sa minute d'introduction - en répondant à côté de la question -, "les mots de Trump sont une véritable déclaration de guerre politique". "J’utilise ce mot parce que je veux prouver à mes compatriotes que le monde est en train de changer" a-t-il déclaré, quand Vincent Peillon a lui déploré l’usage du mot "guerre". "La question européenne est très importante. La France est en train de s’effondrer, attaquée de l’intérieur et de l’extérieur. Nous devons travailler à un nouveau traité de Rome" a lui estimé Arnaud Montebourg. François de Rugy a de son côté jugé "grave" l’installation de Trump à la Maison Blanche. "Je n’ai pas envie de rire quand je vois la politique qu’il prépare" a-t-il déclaré.

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La prison, l'autre ligne de fracture

Ça n’a pas duré très longtemps mais suffisamment pour faire revivre, l’espace de quelques minutes, le "tous contre Valls". Qui, d’ailleurs, une fois n’est pas coutume, a englobé Sylvia Pinel, jusqu’ici souvent au soutien de l’ancien Premier ministre. Quels étaient les camps ? L’élu d’Evry d’un côté, partisan de la création de nouvelles places de prison : "10.000 places supplémentaires". Benoît Hamon et Sylvia Pinel de l’autre, qui favorisent les "peines alternatives", l’ancien ministre de l’Education arguant que la prison favorisait la délinquance. Cet instant fut l’occasion pour un nom bien connu de la gauche de revenir dans les débats : l'ancienne Garde des Sceaux Christiane Taubira. Le tout grâce à Arnaud Montebourg, qui a salué la réforme sur la contrainte pénale menée par son ancienne collègue, tout en demandant plus de places de prison. Un vrai débat entre, d’un côté, les partisans de la fermeté et de l’autre, ceux qui sont convaincus que la prison n’est pas une réponse à la délinquance.

Macron, celui qu'ils adorent critiquer

Emmanuel Macron a encore une fois pris beaucoup de place dans le débat. L’ancien ministre de l’Economie a été évoqué du bout des lèvres par Léa Salamé, qui semblait craindre que son évocation n’agace les sept bretteurs. Que nenni ! Chacun a déroulé sa partition au sujet du fondateur d’En Marche, qui avait tout de même annoncé dans la journée qu’il entendait bien présenter 577 candidats estampillés Macron, et ont rappelé, grosso modo, que les sondages n’apportaient pas la légitimité d’un scrutin. La palme revenant à Arnaud Montebourg, dont la tirade sur les hésitations idéologiques de son successeur à Bercy, ponctuée d’une belle référence à Martine Aubry, a fait sourire l’ensemble du plateau.

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