Primaire à gauche : les candidats plus que jamais divisés sur la loi Travail

PRIMAIRE - La loi Travail, qui avait mis une partie des syndicats dans la rue l’an dernier, divise les candidats de la primaire de la gauche. Si Manuel Valls l’a défendue ce jeudi soir lors du premier débat, soutenu notamment par Sylvia Pinel, Arnaud Montebourg et Benoît Hamon ont confirmé leur volonté de l’abroger.

Ce jeudi soir lors du premier débat de la primaire de la gauche, les candidats se sont écharpés sur la loi Travail. L’ancien Premier ministre, qui avait utilisé le 49.3 pour la faire adopter, l’a défendu avec vigueur. Selon lui, cette loi est "une avancée" qui a apporté "des droits nouveaux aux salariés". Pour eux, il a cité "la négociation dans l’entreprise", le "compte personnel d’activité", le "compte pénibilité" et la "garantie jeunes".

"L’entreprise ce n’est pas la guerre civile"

Manuel Valls n’a pas été le seul à défendre ce texte. François de Rugy a avoué que "s’il y avait eu un vote à l’Assemblée nationale, (il) aurait voté pour". Le député écologiste a dit regretter "les débats caricaturaux" qui ont eu lieu au moment de son examen. Néanmoins, "je suis bien conscient des inquiétudes légitimes qu’il faut entendre", a-t-il précisé. C’est pourquoi François de Rugy propose une période d’essai de cinq ans à l’issue de laquelle il souhaite faire "un bilan exhaustif et réel" de cette loi. "Soit on l’abroge, soit on l’amende ou on continue", a-t-il conclu. 


Sylvia Pinel a elle aussi fait la promotion de cette loi. Elle a confié être "étonnée qu’on se méfie du dialogue social dans les entreprises". "L’entreprise ce n’est pas la guerre civile, on peut avoir des relations de confiance, des relations apaisées en améliorant le fonctionnement des entreprises et en associant mieux les salariés", a-t-elle assuré.


Pour l'ancienne ministre du Logement, "cette loi a été soutenue par certaines organisations syndicales réformistes, il y a des avancées comme le droit à la déconnection, le compte personnel d’activité ou encore le compte  pénibilité". Elle a par ailleurs dénoncé la "vision très caricaturale" de ses concurrents, qui y sont opposés, comme Benoît Hamon et Arnaud Montebourg.

"Une loi qui facilite les licenciements"

En effet, les deux anciens ministres sont eux favorables à son abrogation. Benoît Hamon a d’ailleurs déclaré avoir "une pensée pour les salariés de la Voix du Nord". "Un plan social proposé avant la loi El Khomri avait été refusé. Il vient d’être autorisé car désormais la loi El Khomri le permet", a-t-il déploré. 


L’ancien ministre de l’Education nationale a ainsi dénoncé les dispositions de ce texte "qui facilitent le licenciement et qui fragilisent les salariés au moment où ils cherchent à préserver leur emploi". "C’est l’une des raisons pour laquelle je veux abroger cette loi", a-t-il indiqué, promettant de faire une vraie loi Travail "qui se préoccupe des conditions d’amélioration des salariés".


Enfin, Arnaud Montebourg a également assuré qu’il abrogerait cette loi car elle "pose beaucoup de problèmes dans sa genèse". Il a notamment dénoncé "le coup de force à travers le 49.3" auquel a recouru le gouvernement pour faire adopter ce texte. 


D’après l’ancien ministre de l’Economie, il est "impossible de faire une loi pour 29 millions de salariés sans discuter avec les représentations des salariés dans les syndicats et au Parlement". Seule mesure qu’il entend préserver, le droit à la déconnection. 

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