Rallier Macron ? Au PS, l'idée ne rebute pas tant que ça

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TACTIQUE - L'idée gagne de plus en plus de terrain chez les socialistes. Et si, pour que la gauche ait une chance d'accéder au second tour de l'élection présidentielle, le vainqueur de la primaire organisée par le PS se ralliait ou se désistait en faveur d'Emmanuel Macron ?

Puisque la gauche a très peu de chances de figurer au second tour de l’élection présidentielle si Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron et le vainqueur de la primaire de la gauche se présentent tous les trois au premier, de plus en plus d’élus socialistes se posent la question d'un ralliement ou d'un désistement de leur candidat en faveur de l’ancien ministre de l’Economie. L'hypothèse est de plus en plus envisagée, la dynamique qui entoure actuellement Emmanuel Macron - bons sondages, meetings complets - plaidant en sa faveur. Le but de la manœuvre est d'éviter un second tour entre Marine Le Pen et François Fillon.


L'ancien membre du PS et ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a ainsi émis cette hypothèse ce lundi. Sur LCI, il a jugé "possible" de voter pour Emmanuel Macron. Alors qu’il ne voit personne s’imposer dans la primaire de la gauche, il a fait l’éloge du candidat. "Il y a un autre monsieur, qui semble faire une ouverture plus large, ouvrir la porte et parler d’autre chose, ne pas scinder la France en deux comme on a l’habitude de le faire (…), c’est M. Macron".

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Sur LCI, Kouchner se dit prêt à voter en faveur de Macron

Bientôt le soutien de poids lourds du PS ?

Peu de poids lourds ont pour l’instant franchi le pas, mais ils sont nombreux à ne rien exclure et à le faire savoir. Le JDD dévoilait dimanche ces propos de Ségolène Royal : "Une fois désigné le vainqueur de la primaire, je verrai en fonction de tout : de l’ambiance, du niveau de la primaire, de ce qui se passe, de ce qui se dit. Je n’ai aucune contrainte. Je ferai ce qui me semble le plus utile à la victoire de la gauche." La ministre de l'Environnement entretient le mystère, mais elle multiplie les propos élogieux à propos de l'ancien hôte de Bercy. Et ce dernier s'en félicite : le 19 janvier, il l'a remerciée, au même titre que ces "responsables politiques de toutes tendances" qui "considèrent qu'ils peuvent se rallier" et qui "sont intéressés par [sa] démarche."

Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, n’écarte rien non plus : "Lorsque nous y verrons plus clair, lorsque toutes les candidatures seront sur la table, que les candidats auront leurs signatures, alors il y aura des choix à faire", a-t-il dit sur France 3 dimanche, en précisant ne pouvoir se résigner à devoir "choisir entre le candidat de la droite (…) et Marine Le Pen". L'ancien maire de Paris Bertrand Delanoë a lui confié au Parisien qu’il verrait quoi faire "dans les prochaines semaines".

Un ralliement de François Hollande ?

La rumeur a même couru, dimanche, que le chef de l’Etat lui-même pourrait rallier Emmanuel Macron. "François Hollande va probablement soutenir Macron", a déclaré au JDD son ami l’avocat Dominique Villemot. Une rumeur vite démentie par l’Elysée : "Quand la primaire arrivera à son terme, le président de la République s’exprimera. Il laisse le scrutin se dérouler, le débat se faire."

Manuel Valls agacé par la question

Du côté des candidats, pour l'instant, on botte en touche. "Si c’est Arnaud Montebourg ou Benoît Hamon qui gagne, les partisans de Manuel Valls iront chez Emmanuel Macron," prédit une députée qui soutient l’ex-Premier ministre. Pour un autre soutien de Manuel Valls, si un frondeur gagne la primaire, ou si Manuel Valls est mal élu, "il faudra tolérer qu’il puisse y avoir un appel demandant que le PS se range derrière Macron". 


Mais à l'heure actuelle, Manuel Valls lui-même n'a pas fait de déclaration dans ce sens. Il se montre même agacé à chaque fois qu'on lui pose la question. "La présidentielle, ce n’est pas un concours hippique, ça n’est pas un jeu de petits chevaux", avait-il lancé lors du premier débat de la primaire. Ce lundi sur Europe 1, il a convenu qu’il devrait parler avec Emmanuel Macron "pour créer les conditions du rassemblement" s’il sort vainqueur de la primaire. "Le candidat issu de la primaire aura une force et une légitimité, j’en suis convaincu".

La participation décisive

C'est sur ce dernier argument que s'appuient les candidats de la primaire pour rejetter l'idée d'un ralliement ou d'un désistement en faveur d'Emmanuel Macron. Si beaucoup de Français se déplacent les 22 et 29 janvier pour voter, ils auront alors la dynamique et le soutien nécessaire pour aller jusqu'au bout. François Kalfon, directeur de campagne de Montebourg, s'est récemment demandé en quoi Macron serait plus légitime après quelques meetings réussis que "ceux qui auront le suffrage de 3 millions de personnes". Dans la même veine, ce lundi en déplacement aux Mureaux, Arnaud Montebourg a estimé que la question ne se posait pas. Selon lui, "si la primaire nous donne de la force" avec "deux ou trois millions de votants", cela sera supérieur aux sondages favorables à Emmanuel Macron. 

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"Je ne connais pas son programme" : le message d'Arnaud Montebourg à Emmanuel Macron

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