Laïcité, cannabis, réfugiés... Manuel Valls torpille ses concurrents, accusés de "démagogie"

PRIMAIRE PARTI SOCIALISTE
OFFENSIVE - Manuel Valls, en meeting mercredi à Boisseuil (Haute-Vienne), a ciblé directement ses concurrents, en particulier Benoît Hamon, en les attaquant sur leurs "belles déclarations déconnectées du monde".

A quatre jours de la primaire de la gauche, Manuel Valls lance sa dernière offensive contre ses concurrents et tente de cliver la campagne. En jouant à fond la carte de l'autorité et de l'expérience du pouvoir, 24 heures après la gifle d'un militant breton contre lequel il a porté plainte, l'ex-Premier ministre a attaqué tout particulièrement Benoît Hamon, mais aussi Vincent Peillon et Arnaud Montebourg en fustigeant "la démagogie", voire "le communautarisme" de certaines de leurs propositions ou prises de position. "C'est facile de promettre l'impossible", a scandé le candidat. 

Une charge assez virulente accusant en substance ses adversaires d'être déconnectés des vrais enjeux, et consistant à les attaquer tout en défendant son bilan au sommet de l'Etat. "Il est facile de dire : 'Ouvrez les frontières, soyez plus généreux.' Il est plus difficile d'organiser l'accueil digne des réfugiés", a lancé l'ancien chef du gouvernement, manifestement à l'attention de Benoît Hamon, favorable à un visa humanitaire. "Il est facile de faire sauter les interdits, de dire dans une campagne qu'on veut légaliser le cannabis, il est plus dur de combattre la délinquance, les trafics et les cambriolages", a poursuivi Manuel Valls. Ajoutant : 

Comme si la gauche n'avait plus rien à offrir que quelques soi-disant avancées sociétalesManuel Valls

"Ceux qui flattent les communautarismes"

Plus offensif encore, Manuel Valls s'en est pris à la vision de la laïcité affichée par certains de ses adversaires (sans les nommer), jugeant "facile de flatter les communautarismes en disant que la laïcité, c'est bien, mais qu'elle a ses limites, qu'elle serait responsable d'une stigmatisation [...] Il est plus dur de combattre le racisme, l'antisémitisme, les actes antimusulmans et antichrétiens [...] Il ne peut pas y avoir d'accomodement". Vincent Peillon et Benoît Hamon, encore, apprécieront.


Le candidat affirme, lui, "n'a jamais cédé à la facilité de la démagogie". "Il n'y a pas d'un côté les coeurs vrais, généreux, audacieux, et de l'autre les rabat-joie qui gouvernent avec sérieux", a conclu l'ex-locataire de Matignon. Il conclut en visant encore "ceux qui se cachent derrière de belles déclarations déconnectées du monde. Pour moi, la gauche a toujours été une éthique de l'action et de la responsabilité".  Il est loin le début de campagne où Manuel Valls axait tous ses discours sur le "rassemblement" de la gauche. En cette fin de campagne, c'est bien le Manuel Valls de l'autorité qui a repris le pas, quitte à s'éloigner encore un peu de ses concurrents. 

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