Primaire à gauche : le show Bennahmias, le thème qui a fâché tout le monde et la dernière fan de Hollande

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2017 : la bataille de la gauche

RÉCAP ' - Les 7 candidats de la primaire de la gauche ont débattu durant 2h30 jeudi soir. Si le ton est resté courtois, les désaccords n'ont pas manqué. Les candidats les moins connus ont également pu se présenter aux Français, chacun à leur manière... LCI revient sur les cinq temps forts à retenir de ce premier débat.

Le vrai moment de débat : le revenu universel

C’est une des mesures-phares de Benoît Hamon : un revenu universel. Concrètement, tous les Français toucheraient à la place des allocations actuelles, tout au long de leurs vies, un revenu de base, sans aucune distinction sociale. Si l’ancien ministre de l’Education a pu compter sur le soutien de Jean-Luc Bennahmias, les cadors de la primaire lui sont tombés dessus.

Vincent Peillon y est clairement opposé : "Ça coûte 400 milliards d'euros par an, qui les payera ? [...] Et philosophiquement, c'est une idée qui pose un vrai problème. Notamment au niveau du principe de solidarité". Pour celui qui est également ancien ministre de l'Education, le revenu universel est basé "sur une idée fausse, celle que la modernité va détruire des emplois. Il y a des emplois qui se détruisent, d'autres qui se créent [...] Il faut se préparer à monter en gamme."

De son côté, Arnaud Montebourg n'est pas plus favorable à une telle idée. Il lance : "Ce n'est pas en prenant 400 milliards pour le redistribuer à tous que l'on relancera l'économie." Enfin, dans un style plus mesuré, Manuel Valls propose lui un revenu décent : "Je veux une société du travail, parce que le travail c'est la dignité", bien qu'il juge le revenu universel comme faisant partie d'une "société de l’assistanat ou du farniente".

Face à ses détracteurs, Benoît Hamon ne s’est pas laissé faire : "Lorsque l'on a fondé la Sécurité sociale en 1945, on disait la même chose que ce que j’entends aujourd’hui à droite : 'C’est irréalisable'". Et Hamon de conclure : "Nous parlons d’un revenu universel qui correspond au travail tel qu’il est, et pas tel qu’il fut". Le débat est loin d'être clos.

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L’instant "Je suis Charlie"

Interrogé sur la déchéance de nationalité, qui avait énormement crispé la gauche, juste après les attentats du 13-Novembre, Manuel Valls rétorque : "D'abord, nous sommes en guerre". Puis il enchaîne : "Je reste marqué à tout jamais par la manifestation du 11 janvier 2015. Je reste marqué par le discours que j'ai prononcé après les attentats de janvier 2015. Et ici, je suis Charlie, et je serai toujours Charlie. J'ai regretté les divisions de la gauche, et je rappelle enfin que la déchéance de la nationalité existe toujours, et nous avons déchu de leur nationalité six personnes ces derniers mois."

Après Valls, c'est Benoît Hamon qui embraye, visant l'ex-Premier ministre : "Moi aussi, Je suis Charlie. Et beaucoup de ceux qui étaient visés par la déchéance étaient Charlie". Une référence aux binationaux, que l'ancien Premier ministre n'a visiblement pas comprise.

Le clash qui n'est jamais venu

Les amateurs de clashs ont forcément été très déçus devant le premier débat de la primaire de la gauche. Les candidats ont soigneusement évité de s’attaquer trop frontalement. Les candidats avaient visiblement à coeur de donner l'image d'un débat  maîtrisé, pour ne pas faire fuir les électeurs, et donner prise aux critiques de ceux qui pensent impossible un rassemblement à l'issue du scrutin. Pas d'escarmouches frontales donc, mais des lignes de fracture toutefois bien visibles, comme sur la loi Travail. "Bilan en demi-teinte", "sentiment d'inachevé"... Les propos les plus vifs ont finalement été reservés à François Hollande.

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Sylvia Pinel, le dernier rempart pro-Hollande

S'il n'y en a qu'une à ce débat, ce sera elle. Même Vincent Peillon, qui a déclenché sa candidature après le renoncement de François Hollande, a égratigné le bilan du Président. Mais très peu pour l'ancienne ministre du Logement, représentante du Parti radical de gauche, allié historique du Parti socialiste. Ainsi ne s'est-elle pas faite prier pour dire tout le bien qu'elle pensait de la loi Travail, en soulignant le poids que cette dernière donnait au dialogue social dans l'entreprise. 

Elle a même surpassé l'ancien Premier ministre dans la loyauté à François Hollande en évitant de se prononcer sur les assassinats ciblés contre les djihadistes. Ce que ne s'était pas privé de faire le Premier ministre, qui n'avait pas du tout apprécié le fait que le Président en parle à deux journalistes...

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Outre cette loyauté au Président, c'est par sa discrétion que Sylvia Pinel aura marqué certains observateurs du débat. Absente des débats pendant de longues minutes à plusieurs reprises, elle n'a pas profité de l'occasion pour combler son déficit de notoriété.

Jean-Luc Bennahmias, le candidat qui gronde les journalistes

Il n’aura pas forcement convaincu beaucoup de Français de voter pour lui mais il aura au moins eu le mérite de retenir des spectateurs devant leur télévision. Le plus méconnu des sept candidats a été égal à lui-même, spontané et un peu confus. Sur Twitter, son coup de gueule sur le retard du temps de parole des petits candidats a en tout cas été commenté, tout comme sa ressemblance avec Bourvil.

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Primaire à gauche, le débat : Le coup de gueule de Jean-Luc Bennahmias sur l'égalité du temps de parole

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