Primaire de la gauche : et si c'était Benoit Hamon ?

JT WEEK-END- Le candidat à la primaire de la gauche a mis du temps avant de percer dans les sondages. L'ancien ministre dispose aujourd'hui de nombreux soutiens et pourrait bien voler la vedette à ses concurrents.

Engagé dès août 2016 dans la primaire du PS, benoît Hamon pourrait être la surprise de ce premier tour de la primaire de la gauche à l'image de la victoire de l'outsider François Fillon à la primaire de la droite. Agé de 49 ans, ce breton portant caban, député des Yvelines mais vivant à Paris, a fait un passage éclair à la tête du ministère de l'Education nationale, de fin avril à août 2014.

Politique de "drauche"

Débarqué du gouvernement à la veille de la rentrée scolaire, il a alors payé, comme Arnaud Montebourg, le prix du désaccord ouvertement exprimé avec la politique de l'offre de Manuel Valls, qu'il retrouve aujourd'hui à la primaire, tout comme l'ancien ministre du Redressement productif.  Benoît Hamon avait auparavant été ministre de l'Economie sociale et solidaire et de la Consommation dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, un poste où ses amis comme ses  détracteurs avaient remarqué sa relative discrétion face au virage social-démocrate de François Hollande. Une politique de "drauche", selon un néologisme inventé par Benoît Hamon lui-même.


Licencié d'Histoire, Benoît Hamon devint en 1991 assistant parlementaire du député socialiste de Gironde Pierre Brana. Il participe à la fondation du Mouvement des jeunes socialistes (MJS), qu'il présida de 1993 à 1995. Il fut conseiller pour la jeunesse de Lionel Jospin, lorsque celui-ci était premier secrétaire du PS, de 1995 à 1997. Martine Aubry fut en quelque sorte sa "marraine" en politique, même si la maire de Lille se garde aujourd'hui de le soutenir ouvertement.


En 1997, Benoît Hamon entre au cabinet de la ministre de l'Emploi et de la Solidarité comme conseiller technique chargé de l'emploi des jeunes, puis comme conseiller chargé des affaires politiques (1998-2000). Passé brièvement par le privé, au sein de l'institut de sondage Ipsos de 2001 à 2004, il devient conseiller municipal de Brétigny-sur-Orge (Essonne) en 2001, jusqu'en 2008. 

Désaccords avec Peillon et Montebourg

Il fonde en 2002 le courant "Nouveau Parti socialiste" (NPS) avec Arnaud Montebourg et Vincent Peillon, une alliance qui implose lors du congrès du PS au Mans en novembre 2005. Nouveaux désaccords lors de la primaire du PS pour la présidentielle de 2007 : Arnaud Montebourg et Vincent Peillon soutiennent Ségolène Royal, Benoît Hamon choisit Laurent Fabius. 


Lors du congrès de Reims, en 2008, il porte la motion "Un monde d'avance", avec notamment Jean-Luc Mélenchon qui démissionnera pour créer le Parti de gauche. Cette motion, qui rassemble la gauche du parti, obtient 18,52% des suffrages.

En 2009, il est battu lors des européennes, perdant son seul mandat. "Le stade ultime du non-cumul des mandats", plaisante alors cet adepte de Twitter et des sorties pince-sans-rire.


Benoît Hamon a été porte-parole du Parti socialiste de 2008 à 2012, date de son élection comme député de la onzième circonscription des Yvelines.  

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