Primaire de la gauche : face à Fillon et Le Pen, le programme "à gauche toute" de Hamon

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2017 : la bataille de la gauche

RESULTATS - Large vainqueur des primaires citoyennes, Benoît Hamon se présente à la présidentielle avec un programme à gauche toute. Réfugiés, travail, inégalités, écologie, le candidat du PS se verrait bien en l'incarnation française de l'ex-candidat démocrate américain Bernie Sanders.

François Fillon avait clivé le débat de la primaire à droite avec ses propositions très libérales. A la primaire de gauche, c'est Benoît Hamon qui a assumé ce rôle clivant, en abordant ses principaux concurrents socialistes, Manuel Valls, Arnaud Montebourg et Vincent Peillon, avec des propositions plus radicales que ces derniers. 

Une tactique qui a vu le député des Yvelines multiplier les marqueurs à gauche, plus proche de Jean-Luc Mélenchon que de Manuel Valls, avec pour toile de fond une critique acerbe du quinquennat de François Hollande et une comparaison assumée avec l'ex-candidat démocrate américain Bernie Sanders. Pari gagnant, puisque Benoît Hamon a nettement remporté le second tour de la primaire du PS, devant Manuel Valls. Le voilà désormais qui se lance à la présidentielle avec la même ambition, face à Marine Le Pen, François Fillon et Emmanuel Macron.

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Réduction du temps de travail

S'il ne propose pas le passage aux 32 heures hebdomadaires, Benoît Hamon défend "la mise en oeuvre d'une politique de réduction du temps de travail" en créant un "droit inconditionnel au temps choisi" par les salariés. Ces derniers pourraient ainsi opter pour un temps plein, partiel, ou une semaine de quatre jours, grâce à un mécanisme inspiré de la loi Robien de 1996, qui alliait baisse du temps de travail à réduction des charges patronales. Au passage, il promet, parmi ses premières mesures, "d'abroger la loi Macron" qui facilite notamment le licenciement économique. 

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    Revenu universel d'existence

    C'est le sujet qui aura imprimé lors de la primaire. Le député PS a passé sa campagne à parler du revenu universel : il entend remplacer le RSA, de le porter à 600 euros dans un premier temps, en complément des salaires, pensions ou allocations chômages, à tous les Français de plus de 18 ans. Une solution, selon lui, pour "éradiquer la pauvreté" et "accompagner la raréfaction du travail", qu'il estime inéluctable avec la révolution numérique en cours.

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      Fiscalité décomplexée

      Pour financer la réduction du temps de travail, Benoît Hamon, qui veut "repenser radicalement notre protection sociale", suggère de réaffecter les 20 milliards annuels du CICE actuellement dévolus aux entreprises. Quant à son revenu universel d'existence, évalué à 300 milliards d'euros, il le financera clairement avec des hausses d'impôts : création de cinq tranches supplémentaires pour l'impôt sur le revenu, taxation du patrimoine et "taxe sur les machines" qui remplaceront la main d'oeuvre humaine dans les métiers de demain. 

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        Fin du "culte de la croissance"

        Loin de Manuel Valls et d'Arnaud Montebourg, Benoît Hamon s'en prend aussi "au choix absurde, depuis 1974, de courir après les taux de croissance des Trente Glorieuses", qui creuse selon lui les inégalités et aggrave la crise écologique. Un discours qui lui a valu le soutien de Noël Mamère et le satisfecit de Nicolas Hulot.

        La croissance ne revient pas, quels que soient les sacrifices que l'on consent. Il est impératif de changer ce modèle de développement- Benoît Hamon

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        Droit de vote des étrangers

        Cette vieille proposition inscrite dans les registres du PS depuis 1981, et portée par François Hollande en 2012, Benoît Hamon la reprend à son compte, comme Arnaud Montebourg et Jean-Luc Mélenchon. Le candidat promet un référendum sur la question "dès le second tour des législatives", comme sur le vote blanc. Au delà - et toujours en accord avec Arnaud Montebourg, il propose de préparer le passage à une VIe République pour mettre fin au régime présidentiel.  

        Accueil des réfugiés

        En s'en prenant violemment à Manuel Valls, "un ancien Premier ministre issu des rangs de la gauche qui est allé tancer la chancelière allemande Angela Merkel pour lui dire de ne pas en faire autant pour les réfugiés", Benoît Hamon se distingue de ses concurrents en proposant de créer "un visa humanitaire" pour permettre à ces derniers de se rendre en Europe sans se retrouver "entre les mains des passeurs". Selon lui, droite et gauche ont aujourd'hui "le même objectif, que ces réfugiés ne viennent pas. Je considère cela à rebours de l'histoire de la France". 

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