Sécurité, revenu universel, "49.3 citoyen" : Vincent Peillon torpille Benoît Hamon (et cite Marine Le Pen dans la même phrase)

PRIMAIRE PARTI SOCIALISTE
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A L'ATTAQUE - A la veille du premier débat de la primaire, Vincent Peillon a lancé une nouvelle offensive, mercredi sur LCI, contre son concurrent Benoît Hamon. Son équipe se défend de mener des attaques personnelles.

C'est le premier choc réel de la primaire de la gauche. A la veille d'un débat entre les sept candidats, et à onze jours du premier tour, Vincent Peillon a ouvert les hostilités en ciblant Benoît Hamon, dont le programme très marqué à gauche semble avoir le vent en poupe dans les sondages et lors des meetings. 


Le député européen avait déjà pris pour cible le candidat de l'aile gauche du PS ces derniers jours en l'attaquant, à l'instar de Manuel Valls, sur sa proposition d'instaurer un revenu minimum universel. Ces dernières heures, le camp Peillon fourbit également ses armes contre le "49.3 citoyen", une mesure défendue par Benoît Hamon qui permettrait à près de 1% du corps électoral de bloquer la promulgation d'une loi. 

Le Pen, Hamon et la"peur terrible" de Vincent Peillon

Mercredi, sur LCI, Vincent Peillon est allé plus loin, mettant dans la même phrase le projet de la candidate FN Marine Le Pen et des propositions de Benoît Hamon. "J'ai une peur terrible pour mon pays", a lancé l'ancien ministre de l'Education pour justifier son choix de participer à la primaire. Après avoir illustré son propos en évoquant la proposition de Marine Le Pen de supprimer la gratuité de l'école pour les enfants d'immigrés sans papiers, il a enchaîné sur Benoît Hamon et son projet de fusionner les budgets de la défense et de la sécurité intérieure, affirmant que cela "n'existe que dans les Etats totalitaires". 


Un parallèle volontaire entre Hamon et Le Pen ? "Aucun, il n'y a aucun parallèle", martèle auprès de LCI le député Sébastien Denaja, porte-parole de Vincent Peillon, réfutant par ailleurs tout attaque "personnelle". Mais ce dernier confirme que la bataille de la primaire est bien lancée : "Quand on fait des propositions, il faut les assumer. Le principe du '49.3 citoyen' nous choque profondément, c'est une régression démocratique. Imaginez que des lois votées par le Parlement soient bloquées par des minorités agissantes ?" Quant à la fusion des budgets de la défense et de la sécurité intérieure proposée par Benoît Hamon, le lieutenant de Vincent Peillon y voit aussi "une régression politique". Et de conclure à propos du projet Hamon : 

C'est la recherche de formules qui ont l'air de séduire en apparence mais qui sont à rebours de la pensée de gaucheSébastien Denaja

Tous contre Hamon ?

Dans le camp du député des Yvelines, on s'étonne de ces attaques successives mais on les savoure aussi. "Ce matin, Patrick Mennucci (soutien de Vincent Peillon, ndlr) m'a agressé sur le '49.3 citoyen' alors que je buvais tranquillement mon café à l'Assemblée", s'amuse auprès de LCI le député Alexis Bachelay, lieutenant de Benoît Hamon. "On a déjà eu les attaques sur le revenu universel, ça n'a pas marché. Benoît Hamon est la cible de Manuel Valls, de Vincent Peillon et d'Arnaud Montebourg, qui tentent d'affaiblir sa dynamique". Et d'ajouter, satisfait : 

Les autres candidats se positionnent par rapport aux idées de Benoît Hamon. C'est une bonne chose, cela permet de les faire connaître. Nous, nous continuons de tracer notre sillonAlexis Bachelay

Quant au raccourci de Vincent Peillon qui a mis Marine Le Pen et Benoît Hamon dans une même phrase : "Les parallèles douteux risquent de le crédibiliser totalement", réplique Alexis Bachelay. "Vincent Peillon n'en est pas à son coup d'essai. Il faut se maîtriser. Qu'il développe ses propres idées". 


Voilà de quoi se mettre dans l'ambiance avant le premier débat télévisé de jeudi soir. 

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