Valls VS Hollande : sur LCI, l'exploit de Jean-Marie Le Guen pour éviter les questions qui fâchent

LANGUE DE BOIS - Invité d’Audrey Crespo-Mara dans la matinale de LCI, le secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen, a éludé toutes les questions concernant la crise au sein de l’exécutif.

Manuel Valls candidat ? François Hollande vexé ? Un remaniement ministériel en marche ? Au lendemain d’une soirée politique marquée par l’investiture de François Fillon comme candidat de la droite et du centre à la présidentielle, la gauche gouvernementale a vécu aussi de son côté une soirée mouvementée.


Le matin même, dans le Journal du dimanche, le Premier ministre révèle d’abord qu’il se prépare à se présenter à la primaire de la gauche. Echaudé, le chef du gouvernement pense alors à exfiltrer Manuel Valls et un remaniement ministériel est alors évoqué.

"Pas une question de personne, mais de bon dispositif"

Dans ce contexte, Jean-Marie Le Guen, secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement, était invité par Audrey Crespo-Mara à réagir à toutes ces polémiques. Le proche de Manuel Valls s’est alors adonné à un numéro d’équilibriste pour éviter de mettre, davantage, de l’huile sur le feu.


"Déjà, un des événements dont vous parlez [la candidature de François Hollande à la rumeur, ndlr] est une rumeur. Il faut se méfier de ce genre d’informations. Le Président a dit qu’il donnerait sa réponse début décembre. Il y a un processus de désignation qui est ouvert".


Mais lorsqu’on lui demande si Manuel Valls est vraiment prêt à se présenter contre François Hollande, il commence déjà à botter en touche :


"Absolument pas. Claude Bartolone a évoqué la pluralité de candidature mais en aucune façon Manuel Valls... (ne s’est déclaré). Claude Bartolone veut dire quoi ? Claude Bartolone veut dire qu’il faut débattre au fond des choses. La question n’est pas seulement une question de personne mais de bon dispositif."

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"L’accord entre le Président et le Premier ministre est intégral"

Mais outre la question de la candidature de Manuel Valls, les informations du Parisien mentionnant une éventuelle démission forcée de Manuel Valls pose un nouveau problème au membre du gouvernement :


"On a deux hommes, deux homme d'Etat. Il y a des moments différents, des avis différents, chacun propose ses arguments. Ce n'est pas aberrant qu'il y ait une discussion. [...] L’accord entre le Président et le Premier ministre est intégral. A partir du moment où on a ouvert  l'idée de primaire, il n'est pas aberrant qu'il y ait une discussion qui se fasse avec toutes les opportunités qui sont ouvertes, dans le dialogue et le respect."


Une discussion qui a déjà eu lieu ? Jean-Marie Le Guen poursuit dans la rhétorique :


"Et bien elle va prendre… chaque chose en son temps, les jours qui viennent verront ce qu'il y a. Je vous réponds très clairement, elle progresse. Cette discussion nous concerne tous, c'est un dispositif collectif. C’est notre dispositif qui n'est pas encore tranché."

"Les deux personnes se respectent... il n'y a pas de crise"

Envie, responsabilité, désirs personnels... le secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement continue de temporiser en mettant en avant le collectif.


"Nous devons dépasser nos propres envies les uns et les autres pour réfléchir au meilleur dispositif. Nous devons chercher la meilleure façon de faire. Notre réflexion est un dispositif ou nous travaillons entre nous. [...] Les deux personnes se respectent, nous sommes dans un état de réflexion qui n'est pas public et ouvert. Il n'y a pas de crise, il y a un débat sur quelle est la bonne opportunité."

Et la taupe, alors ?

Dernier étape de ce jeu de dupes, sa réaction - où il apparaît mal à l’aise - lorsqu’Audrey Crespo-Mara lui demande s’il a reçu le fameux SMS de François Hollande depuis Madagascar. Un message demandant à ses collaborateurs qui avait divulgué toutes ces informations aux journalistes.


"Non je n’ai pas reçu ce SMS. Je ne sais pas qui propage ces rumeurs".


Sourire crispé, Jean-Marie Le Guen n’en dira pas plus. L’incertitude au sein de l’exécutif reste entière.

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