Vincent Peillon s'attaque au "fascisme rampant de Madame Le Pen"

PRESIDENTIELLE 2017 - Le candidat à la primaire initiée par le Parti socialiste était ce mardi soir l'invité de "L'Entretien politique" sur France 2. L'occasion pour lui de présenter son programme, mais aussi de s'en prendre frontalement à la présidente du Front national. Ses propos sur la laïcité et l'islam ont suscité une polémique, le forçant à s'expliquer mercredi.

Vincent Peillon, qui s'était plaint du "traitement de faveur" réservé à Manuel Valls en raison de son invitation à L'Emission politique le 5 janvier sur France 2, était l'invité ce mardi d'une émission plus courte, L'Entretien politique. 30 minutes pour convaincre au lieu de deux heures, alors il fallait aller droit au but.


L'ancien ministre de l'Education est donc très nettement passé à l'offensive s'attaquant d'abord à ses concurrents directs : Manuel Valls, accusé d'avoir "provoqué dans la gauche des fractures profondes", puis Benoît Hamon et Arnaud Montebourg, qui "ont été ministres plus longtemps que lui et sont sortis du gouvernement pour le critiquer de façon très systématique et brutale". 

Faire de la laïcité un instrument de violence

Mais l'attaque la plus cinglante a été adressée à la présidente du Front national. Interrogé sur la laïcité, Vincent Peillon s'est lâché. "Le problème, ce n'est pas Manuel Valls. Le problème, c'est le fascisme rampant de Madame le Pen", lance-t-il, accusant la présidente du FN de détourner "les mots de la République" pour faire de la laïcité un instrument de violence. 


Selon le candidat socialiste, "certains veulent utiliser la laïcité - ça a déjà été fait dans le passé - contre certaines catégories de population. C'était il y a quarante ans, les juifs à qui on mettait des étoiles jaunes. C'est aujourd'hui un certain nombre de nos compatriotes musulmans qu'on amalgame souvent avec les islamistes radicaux. C'est intolérable."

Une diatribe vivement critiquée sur Twitter par le vice-président du Front national, Florian Philippot qui parle "d'attaque très grave", puis par le secrétaire général frontiste Nicolas Bay : 

Justification

Mercredi, Vincent Peillon est revenu sur les propos tenus la veille à propos de la laïcité, de l'islam et de Vichy. "Je vois une polémique monter", dit-il, tenant à préciser sa pensée". "Je n'ai évidemment pas voulu dire que c'était la laïcité qui était à l'origine de l'antisémitisme de la France de Vichy", explique le député européen. Le régime de Vichy ne se réclamait pas de la laïcité, bien au contraire. Et ce qu'ont vécu les juifs sous Vichy ne saurait être banalisé d'aucune façon". 


Le candidat à la primaire explique avoir établi ce parallèle pour "dénoncer la stratégie de l'extrême-droite qui a toujours été d'utiliser les mots de la République ou les thèmes sociaux pour les détourner et les utiliser contre la population. Elle le fait aujourd'hui avec la laïcité contre les musulmans, en les confondant avec les islamistes radicaux obscurantistes qu'il faut eux combattre avec détermination."

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