Aujourd'hui encore les trois-quarts des Français considèrent être pudiques

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CACHEZ CE SEIN... - A l'ère des réseaux sociaux et du narcissisme décomplexé, les Français ont-ils perdu leur pudeur de gazelle et prennent-ils leur pied à exhiber leur corps de rêve ? D’après une étude, la réponse est non : 74% des français se disent toujours pudiques.

Ne pas vouloir se dévoiler sur le plan physique ou intellectuel, éprouver une gêne devant tout ce qui est indécent, sexuel ou personnel a un nom : la pudeur. Derrière une personne pudique se cache quelqu’un voulant cacher une partie de son corps ou ne voulant pas dévoiler ses pensées, par retenue. Mais à l’heure de Tinder et des réseaux sociaux dans notre société du paraître, sommes-nous réellement passés d’une époque de grande pruderie à une ère de liberté décomplexée ? Pas tant que ça, en réalité. 

Selon une étude Ifop*, 74% des Français se déclarent pudiques dont 17% très pudiques. Parmi eux, les femmes disent davantage l'être que les hommes (81% contre 66%) et l'absence de ce trait de caractère va de pair avec un physique apprécié et appréciable (du moins, selon les critères édictés par l'époque) : les Français se disant très satisfaits de leur silhouette sont moins pudiques (62%) que les personnes non satisfaites. De manière générale, 49% des Français se disent assez satisfaits de leur physique (les hommes davantage que les femmes).

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Une attention portée aux nus

Notre rapport à la nudité est le révélateur de notre rapport très fort à la pudeur : 87% des Français disent apparaître nus devant leur partenaire, seulement 63% dorment nus et 35% sont déjà apparus nus devant d’autres personnes dans un vestiaire. Les Français dorment davantage dans le plus simple appareil lorsqu’ils se caractérisent de non-pudiques (83%) contre 55% chez les pudiques, de même pour ceux qui se montrent plus facilement nus dans les vestiaires (65% contre 24%).

Dans le couple, la confrontation au regard des autres s’avère une pression permanente mais positive, selon l’étude. Dans la sphère intime, le regard porté par le conjoint est à 86% dit rassurant, il fait accepter ses défauts à 73% et fait se sentir beau/belle à 73%. Néanmoins, pour 21%, le regard que porte le conjoint fait percevoir les défauts physiques et pour 10% des personnes le regard est dévalorisant (13% chez les femmes contre 8% chez les hommes).

Un Français sur deux dit avoir fait l'objet de regards insistants au cours de l'année passée

De manière générale, durant les douze derniers mois, un Français sur deux (48%) déclare avoir fait l’objet de regards insistants. 34% ont reçu des regards curieux, 32% des regards désireux, 22% des regards gênants et enfin 19% ont subi des regards avec moquerie. Les regards insistants portés sur les jeunes de 18 à 24 ans ont eu un effet sur la façon dont ceux-ci considèrent leur corps. 

Et le sport de s'avérer, selon l'étude, une arme redoutable contre la trop grande pudeur et pour s'affirmer face aux autres : en 2019, 61 % des Français déclarent pratiquer une activité sportive au moins une fois par semaine et plus précisément 64 % des hommes contre 57 % des femmes. Si les hommes pratiquent plus une activité physique pour se divertir ou se dépasser, les femmes déclarent s'y adonner pour entretenir leur corps. 

* L’enquête a été menée pour Muscle-up.fr auprès d’un échantillon de 1.008 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, par questionnaire auto-administré en ligne du 12 au 13 juin 2019. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d’agglomération.

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