Consultation psy #15 : "Je vis très bien le confinement mais je ne le dis pas trop fort"

Psycho

CULPABILITÉ - Soit parce que dans leur cas, ça ne change pas grand chose par rapport à avant, soit parce que hypocondriaque ou très stressé, ces personnes seraient resté chez elles même si ce n'était pas obligatoire, certains trouvent le confinement à leur goût. Tout en se sentant coupables vis-à-vis de ceux qui le vivent si mal. L'éclairage de Hélène Romano, psychothérapeute.

Chacun a une histoire personnelle, des ressources et des failles différentes ce qui permet de comprendre que lorsque nous nous retrouvons face à une épreuve, nous réagissons tous différemment. Face au confinement certaines personnes le vivent très bien, au contraire de la moyenne. 

Il y a tout d‘abord celles qui ont l’habitude de vivre seules et qui ne sortaient déjà que rarement, mais aussi les personnes hypochondriaques qui se trouvent confortées dans l’idée que le monde extérieur est dangereux et que c’est encore chez elles qu’elles risquent le moins de se sentir en danger pour leur santé. Dans le contexte actuel, ces personnes se sentent "moins seules", moins différentes, car tout le monde se retrouve comme elles. Mais le fait d‘être subitement face à un inversement des représentations habituelles n’est pas forcément facile à vivre, car cela transforme les croyances, les habitudes et peut même être, psychiquement, insécurisant.

La culpabilité peut nous permettre d'ajuster notre comportement vis-à-vis des autres- Hélène Romano, psychothérapeute

Certaines personnes qui se trouvent très bien confinées disent ressentir une certaine culpabilité face à ce vécu. La culpabilité est cette émotion négative que l’on peut ressentir face aux autres . Elle peut être bonne conseillère en nous permettant d’ajuster notre comportement vis-à-vis des autres - par exemple ne pas trop exprimer son plaisir d’être confiné face aux voisins qui le vivent de façon beaucoup plus négative. Elle peut aussi être source d’une intense souffrance psychique chez ceux qui ne parviennent pas à s’en dégager et qui la vivent comme une véritable faute.

Lire aussi

Toute l'info sur

Nos conseils face au confinement

Consultation psy #28 - Ne pas se toucher, ce n’est pas humain !Consultation psy 27 - Travail, logement, conjoint... Vous avez envie de tout changer ? C'est normalConsultation psy#26 : que faire face à "la peur du déconfinement" ?

Accepter sa différence limite le fait que la culpabilité ne devienne insupportable et permet de s’autoriser à vivre le confinement positivement sans se sentir fautif. Par contre il sera nécessaire pour toutes ces personnes d’anticiper au moment où le confinement sera levé, car elles retrouveront ce statut "d'étrangeté" face aux normes sociales alors qu’elles auront vécu plusieurs semaines comme les autres.  

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent