Consultation psy #18 - Obsèques limitées : un traumatisme pour ceux qui n'ont pas pu dire au revoir

Consultation psy #18 - Obsèques limitées : un traumatisme pour ceux qui n'ont pas pu dire au revoir
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DEUIL IMPOSSIBLE - En raison des risques de propagation du virus, les obsèques des personnes décédées du covid-19 sont limitées à la famille intime. Ces bouleversements peuvent conduire à de véritables traumatismes pour les proches qui n'ont pas pu être présents. L'éclairage de Hélène Romano, psychothérapeute.

Notre société industrielle moderne a profondément changé son rapport à la mort et aux rituels funéraires : d'une part, la prise en charge de la mort est de plus en plus médicalisée. D'autre part, en raison de l’urbanisation et de l’augmentation des crémations, le deuil est plus individuel et moins "social" qu’autrefois (moins de veillées funéraires, codes vestimentaires modifiés, etc...) avec une gestion plus intime et une représentation inévitablement désocialisée des endeuillés.

En contexte de pandémie, c’est tout le rapport au mort et au deuil qui se trouve encore davantage bouleversé avec des effets inévitables pour les proches comme pour les intervenants (soignants, agents funéraires, personnels de l’Etat-civil…) 

En période de pandémie, où les morts se multiplient en un temps très restreint, les processus habituels d’accompagnement des personnes qui vont décéder puis des proches endeuillés sont totalement court-circuités . Deux types de situations peuvent être relevées : des décès liés à des maladies contagieuses qui interdisent tout soin au corps (il ne peut pas être touché, lavé, préparé, habillé, mais doit être mis dans une housse spécifique au plus vite).

 Les cérémonies funéraires doivent alors être réalisées au plus vite et sont limitées à très peu de personnes, voire interdites aux proches par crainte de contamination. En dehors de ces contextes (maladie, accident), si l’état du corps le permet, les soins restent possibles et les proches peuvent voir le défunt ou au moins se recueillir auprès de lui. 

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Ces bouleversements dans les pratiques du deuil peuvent conduire à des complications du deuil et de véritables traumatismes, car les proches ne peuvent pas le voir une dernière fois ni l’accompagner comme ils le souhaiteraient.

Ce contexte de pandémie nous oblige donc à repenser d’autres rituels et à faire preuve de créativité avec des pratiques nouvelles : photos ou film de la cérémonie avec l’accord de la famille, proches qui se réunissent via les réseaux sociaux au moment des funérailles auxquels ils ne peuvent pas participer, cérémonies collectives reportées à la levée du confinement. 

L’objectif reste de réhumaniser la mort, au-delà de toutes ces contraintes fixées par la crise sanitaire. C’est cela qui permettra au processus de deuil de se réaliser le plus sereinement possible.

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