Consultation psy #25 - Après deux mois de "collé-serré", comment gérer le retour à la crèche ou à l'école des petits ?

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SÉPARATION - Même si toutes les écoles ne rouvriront pas dès le 11 mai, le déconfinement commencera par les crèches et les écoles maternelles notamment. Depuis près de deux mois, les tout-petits sont gardés à la maison par leurs parents et le retour en collectivité risque de s'accompagner de quelques larmes de part et d'autres. Les conseils de notre psychothérapeute Hélène Romano.

Être parent d’un bébé ou d’un tout petit est une période de la vie particulièrement délicate, car le jeune enfant n’ayant pas la parole ni les capacités cognitives d’un plus grand, il est toujours difficile de savoir ce qu’il ressent et d’être sûr de bien le comprendre.  Ce qui explique aussi que bien des adultes ne savent pas trop ce qui peut lui être dit ou non.

La souffrance psychique des tout petits restes très méconnue, y compris de certains spécialistes comme l’a longtemps été celle de la douleur physique. Peut-être parce que nous préférerions que les enfants soient préservés des épreuves et des drames de la vie ; peut-être parce cela nous confronterait à la nécessité d’être disponibles pour eux et rassurants alors que nous sommes nous-mêmes très éprouvés et trop submergés pour supporter qu’ils soient eux aussi touchés. Mais la réalité est tout autre et nous savons que les tout petits sont loin d’être indifférents aux bouleversements qui les concernent et qu’ils sont même touchés à deux niveaux : la souffrance pour eux-mêmes et le fait de voir leurs proches transformés.

Lui parler, même s’il est tout petit et ne comprend pas comme un adulte permet d’éviter les non-dits - Hélène Romano, psychothérapeute

Face au confinement la vie de tous a été chamboulée avec la perte de tous les repères habituels et cela a inévitablement concerné les enfants, dont les plus jeunes. Du jour au lendemain, plus d’école, de crèche, de nounou, mais une vie 24h sur 24h avec la famille, dans un contexte socialement des plus stressants. 

Dans de telles situations, les liens d’attachement entre enfant(s) et parents sont inévitablement insécurisés et en réponse il y a souvent de part et d’autre un besoin de réassurance avec plus de câlins, plus de besoin de réconfort, des réactions anxieuses, des changements de comportement. Ce qui fait que sortir de cette période nécessite une très grande attention pour sécuriser au maximum son enfant. Lui parler, même s’il est tout petit et ne comprend pas comme un adulte permet d’éviter les non-dits et permet aux parents de redevenir disponibles pour l’enfant. 

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Parler à nouveau des adultes de références à la crèche, l’école ou chez l’assistante maternelle, expliquer de nouveau les raisons du confinement avec des mots simples. Par exemple, "nous avons dû rester tous ensemble à la maison, car il y a dehors un méchant virus qui s’appelle le COVID-19 (il est important de le nommer) et il y avait le risque que trop de monde soit malade et on n’aurait pas pu soigner tout le monde. Aujourd’hui il y a moins de malades et nous pouvons reprendre le travail, la crèche, l’école. Mais comme le COVID-19 est toujours là, il faut faire attention ; c’est pour ça que les grandes personnes mettent des masques (mais pas les petits enfants parce que pour eux ce n’est pas très pratique), qu’il faut que l’on se lave très bien et souvent les mains". En parler sereinement permet d’être rassurant et sécurisant. Mettre des mots sur ses propres ressentis permet de se libérer de ses émotions sans contaminer son enfant de son angoisse bien légitime.

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Si le confinement a conduit à une sorte de régression inévitable dans nos modes de liens à nos enfants (et très adaptée vu le contexte anxieux), il nous faut maintenant reprendre confiance en la vie et transmettre cette confiance en nos enfants pour nous permettre de réapprendre à vivre sans être collés l’un à l’autre. C’est possible, il nous faudra du temps, de la patience et de la compréhension et surtout toujours le fait de mettre des mots sur ce que l’on ressent, ce que l’on comprend ou ne comprend pas. C’est cette mise en sens qui permet le décryptage des épreuves de la vie et le fait de parvenir à les intégrer et à les dépasser.

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