Consultation psy #9 : Angoisse, anxiété liés à l'isolement... quels signes doivent nous alerter ?

Consultation psy #9 : Angoisse, anxiété liés à l'isolement... quels signes doivent nous alerter ?

CHRONIQUE - Stress, angoisse et anxiété sont inévitables en situation de confinement qui est une période inattendue et qui s’impose à nous pour une durée indéterminée. Mais il est important de bien comprendre la différence entre ces émotions pour mieux gérer nos réactions.

Trois émotions différentes. Le stress est la réaction physiologique (celle du corps) qui permet de mobiliser nos ressources face à une situation inhabituelle pour nous permettre d’y faire face. L’angoisse est davantage une réaction psychologique liée à la peur et à l’inquiétude face à un sentiment de menace. L’anxiété est d’une toute autre dimension : elle est liée à une peur sans nom, un sentiment émotionnel qui nous déborde totalement et qui ne permet plus de nous contrôler dans nos réactions. 

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Les réactions sont à la fois physiques : cœur qui bat plus vite (tachycardie, sueurs, pâleur, malaise), mais aussi psychologique (ruminations mentales sur le sens de la vie, peur de la mort, inquiétude irraisonnable face à toute situation nouvelle. Les réactions peuvent être très visibles : proche qui se met subitement à paniquer en pleurant, en criant, en refusant des choses habituelles, en étant violent contre soi-même ou les autres, mais il faut aussi être vigilant aux réactions plus invisibles ("internalisées") qui fait que la personne angoissée ne va rien dire, va se renfermer sur elle-même, ne plus sortir de son lit, ne plus parler, s’isoler.

Accepter ces réactions sans en avoir honte

Pour les proches c’est difficile, mais il est essentiel de rester calme, comprendre que ce n’est pas de la "comédie", mais un vrai signe de souffrance psychique, ne pas se moquer (ce ne sont pas des signes de "faiblesse"), aider la personne à respirer calmement, essayer de la valoriser, lui donner des petites missions quotidiennes pour l’aider à penser à autre chose, réfléchir positivement à des projets pour l’après-confinement. 

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Quand cela est possible, les proches peuvent tenter de repérer ce qui a conduit à l’accès d’angoisse pour essayer de prévenir une prochaine crise (par exemple éviter la liste officielle donnée tous les soirs par les autorités sur le nombre de morts…)

Si tout cela ne suffit pas, il ne faut pas hésiter à solliciter un médecin (ou le 15 si aucun médecin n’est joignable) qui pourra prescrire un médicament (anxiolytique), mais attention, le médicament réglera les effets de l’angoisse, mais pas ce qui l’a causé. Et aucun traitement ne peut être pris sans avis et suivi médical. En confinement le risque serait alors de transformer les intérieurs en pharmacie et l’automédication est un réel danger. Apprivoiser toutes ces manifestations comme inévitables - les accepter sans en avoir honte - est la meilleure des solutions pour parvenir à les dépasser et vivre au mieux le confinement.

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