Consultation psy #2 : comment parler du confinement avec ses enfants ?

Consultation psy #2 : comment parler du confinement avec ses enfants ?

BIEN LE VIVRE - L'isolement imposé est un choc pour les Français, si épris de liberté, explique Hélène Romano, psychothérapeute. LCI vous propose de retrouver chaque jour ses conseils pour vivre au mieux cette période si particulière. Aujourd'hui, une question que se posent beaucoup de parents : comment parler de cette situation avec ses enfants.

Les enfants sont inévitablement touchés par le contexte de confinement, non seulement parce que leur rythme de vie est suspendu, mais surtout parce qu’ils perçoivent l’inquiétude de leurs parents. Il pourrait être tentant de ne rien dire aux enfants, surtout aux plus jeunes. L’idée étant qu’ils sont "trop jeunes pour comprendre", "que cela va les traumatiser davantage". Or, nous savons aujourd’hui que le secret et le mensonge ont des effets dévastateurs pour les enfants quand ils en prennent conscience. Il est donc essentiel de leur en parler, en ajustant les termes à leur âge.

Toute l'info sur

Coronavirus : la pandémie qui bouleverse la planète

Les dernières informationsA quel stade en est l'épidémie, département par département ?

1. Adapter sa réponse à ce qu'il a compris

En situation de crise, l’enfant a surtout besoin de se sentir compris, protégé et rassuré. Face à une question d’enfant, l’adulte doit comprendre qu’il y a toujours une théorie infantile et que l’enfant cherche avant tout à savoir si sa théorie est juste ou non. Le plus simple est, avant de lui répondre, de lui demander ce qu’il a compris, ce qu’il en pense. Et en fonction de sa réponse, l’adulte s’adapte et apporte l’explication qui lui semble la plus adaptée. 

Si l’enfant lui dit qu’il ne comprend pas certaines choses, l’adulte peut tout à fait lui dire que lui aussi ne comprend pas toutes les décisions, mais que si des responsables les prennent, il faut les respecter même si l’on n’est pas toujours d’accord (principe fondamental de transmission du respect de la loi et du sens civique). Il est important de parler des médecins, des hôpitaux et de tous les soins qui peuvent exister quand c’est nécessaire.

L’épidémie de coronavirus nous rappelle combien les enfants sont les premières victimes des angoisses des adultes - Hélène Romano

En parlant avec les enfants, avec des mots d’enfants, l’adulte retrouve un peu de sa pensée magique d’enfant et apaise aussi sa propre angoisse. 

2. Nommer les choses par leur nom

Il est important de parler du virus et de le nommer par son nom, sinon face à toute maladie l’enfant pensera qu’il s’agit de la même chose. Il peut être expliqué en fonction de ce que l’enfant demande que le coronavirus, c’est comme un "minuscule tout petit monstre invisible" qui entre dans les gens, parfois ne fait rien, parfois donne une maladie comme la grippe et parfois c’est grave et on va à l’hôpital. Il faut tout faire pour éviter qu’il aille chez tout le monde et que tout le monde soit malade. Si l’enfant rétorque qu’il sait que des gens sont morts, l’adulte peut lui répondre que c’est juste, mais que les personnes qui sont mortes étaient souvent déjà très malades ou très vieilles. Que les adultes sont présents près de lui pour prendre soin de lui et si jamais quelque chose ne va pas ils feront tout de suite le nécessaire. La confiance en la médecine, la solidarité et l’attention aux autres sont aussi des leçons fondamentales qui peuvent être transmises aux enfants, ce qui est un effet positif de la crise actuelle.

3. Transformer la peur en action

Un visage masqué peut être effrayant pour un enfant, car il ne peut plus se baser sur les repères émotionnels du visage. D’où l’importance d’expliquer le port du masque, quitte à le transformer en jeu comme "on est des super-héros face au coronavirus, on met notre panoplie pour l’empêcher de passer". L’adulte doit aussi expliquer l’importance de bien se laver les mains pour enlever le virus qui est dessus et ne pas le donner à quelqu’un. Toutes ces explications simples font que la peur se transforme en action et l’enfant ne ressent plus cette impuissance qui paralyse tout le monde.

Lire aussi

L’épidémie de coronavirus nous rappelle combien les enfants sont les premières victimes des angoisses des adultes et qu’il est essentiel de leur parler pour leur expliquer ce qui se passe et limiter qu’ils n’agissent à travers des maux leur détresse (troubles régressifs, angoisses nocturnes, manifestations psychosomatiques (mal au ventre, à la tête, troubles du comportement …) 

L’adulte est ici la ressource résiliente fondamentale pour limiter les angoisses infantiles.

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

Non, l'application TousAntiCovid ne sera pas indispensable pour entrer dans un supermarché

"Jean Moulin était un scientifique" : les perles du test de culture G des candidates à Miss France

EN DIRECT - Mort de VGE : l'ancien Président sera enterré à Authon ce samedi

Un troisième mystérieux monolithe de métal découvert, en Californie cette fois

EN DIRECT - Covid-19 : les soldes seront repoussés au 20 janvier

Lire et commenter