Les rires enregistrés rendent-ils les blagues plus drôles ? Une (très sérieuse) étude a percé le mystère

Psycho
HA HA HA ! - Les "blagues de papa" (les plus ringardes, ndlr) seraient-elles plus drôles si elles étaient accompagnées de rires enregistrés ? Pour tenter de répondre à cette question, des chercheurs de l'University College de Londres ont mené une étude très sérieuse auprès de personnes autistes et non autistes. Voici leurs conclusions...

"Qu’est-ce qui est invisible et sent les vers ? Un pet d’oiseau" ou encore "pourquoi les chats sont-ils doués pour les jeux vidéo ? Parce qu’ils ont neuf vies". De manière générale, ce genre de blagues provoque, tout au plus, un léger rictus sur notre visage, et au pire une grimace de désespoir.


Mais qu'en est-il si l'on s'amuse à les accompagner de rires enregistrés comme dans les sitcoms ? Va-t-on subitement trouver ces "blagues de papa" très drôles et rire à gorge déployée ? Pour le savoir, Sophie Scott et ses collègues de l’Institut des neurosciences cognitives de l’University College de Londres, au Royaume-Uni, ont mené l'enquête, comme le rapporte la revue britannique ScienceDaily.

Des rires en boîte et des rires spontanés

Première étape, ils ont sélectionné 40 blagues en les classant de 1 (pas drôle) à 7 (hilarant). Puis, un comédien professionnel a enregistré deux versions de chacune : l'une avec un bref éclat de rire en boîte (ou posé) et l'autre avec des rires spontanés (ou réels). Deuxième étape, les chercheurs ont testé ces deux versions sur deux groupes de participants distincts : des personnes autistes et des neurotypiques (mot créé par les autistes pour qualifier les gens qui ne sont pas autistes, ndlr).


A l'arrivée, les résultats ont montré que l’ajout de rires enregistrés rendait les blagues plus drôles, avec un avantage pour les rires spontanés qui a conduit les participants à qualifier les blagues de plus amusantes qu'avec des rires posés. La seule différence entre les groupes était que les autistes donnaient à l’ensemble des 40 blagues une note d'humour encore plus élevée quand les chercheurs ajoutaient des rires enregistrés. 


"Ce qui peut s’expliquer par le fait que les adultes autistes sont plus ouverts à de telles blagues, là où les neurotypiques sont davantage conscients que ces 'blagues de papa' sont puériles et ringardes", indiquent les scientifiques. 

L’ajout du rire à une blague augmente la valeur de l’humour, quelle que soit sa drôlerie.Professeur Sophie Scott

Commentant ces conclusions, l’auteure principal, la professeure Sophie Scott a déclaré : "Ce que cette étude montre, c’est que l’ajout du rire à une blague augmente la valeur de l’humour, quelle que soit sa drôlerie. Cela suggère également que nous répondons beaucoup mieux au rire sincère spontané plutôt qu'au rire posé ou en boîte".


Par ailleurs, les chercheurs s'accordent à dire que le rire peut aussi influencer la perception de l’humour et que les personnes autistes sont tout aussi sensibles à cet effet. "Cela pourrait suggérer que la comédie et le rire sont plus accessibles aux personnes autistes qu’on ne le pense généralement", ont-ils souligné.


Dans de futures études, les chercheurs espèrent d'ailleurs explorer la façon dont le rire influence l’activité cérébrale en réponse aux blagues, et si c'est la même chose pour tout le monde.

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