Plus de 250 selfies meurtriers depuis 2011 : la "selfite", maladie du siècle ?

Plus de 250 selfies meurtriers depuis 2011 : la "selfite", maladie du siècle ?

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JEU DANGEREUX - Et si se prendre en selfie menaçait de faire perdre le sens du réel et de sa dangerosité ? C'est ce que révèle une étude édifiante menée par des chercheurs indiens : au moins 43 personnes trouvent la mort chaque année en se prenant en photo. De quoi inviter à la prudence les atteints de "selfite aiguë".

Qui n'a pas vu cet été un.e touriste prendre la pose son smartphone à la main ? Et ce plusieurs fois, pour choisir le bon angle, la bonne lumière, le bon sourire ? On soupçonne tous peu ou prou les raisons de ce mal très contemporain et très partagé qu'est notre tendance narcissique au selfie, liée à notre besoin d'une validation des autres ou encore à une volonté d'exister. Mais quand l'obsession vire à l'addiction aveuglante, cette "maladie" se nomme la "selfite" (le selfitis en anglais) et, blague à part, elle tue. 


Entre octobre 2011 et novembre 2017, 259 personnes sont mortes en prenant un selfie, selon une étude publiée dans le Journal of Familiy Medecine and Primary Care et relayée notamment par CNN cette semaine. Soit en moyenne 43 par année. A titre de comparaison, nos amis les requins font en moyenne six victimes par an (à quand un nouveau film d'horreur avec des selfies, Steven Spielberg ?). Un phénomène d'autant plus alarmant que le nombre d'accidents ne cesse d'augmenter: trois en 2011, deux en 2013, 13 en 2014, 50 en 2015, 98 en 2016 et 93 en 2017. Des chiffres qui, selon les scientifiques, pourraient même être sous-estimés et doivent être pris au sérieux. 


Les chercheurs indiens qui ont mené cette étude ont même été jusqu'à déterminer l'âge moyen des victimes (22,94 ans) et à analyser les régions géographiques des décès, le plus grand nombre de morts ayant eu lieu en Inde (50% des accidents). Autres données qui interpellent, les causes des décès par selfie : la noyade est en pôle position devant les accidents de transport et les chutes. Et, last but not least, les hommes se révèlent le groupe le plus à risque (soit trois quarts des décès). 

En vidéo

Elle tente de se prendre en selfie dans un musée d'arts... et détruit des oeuvres

Plusieurs niveaux de dépendance

Ces chiffres ne donnent pas envie de plaisanter avec la "selfite". Une étude parue fin 2017 la décrivait comme une maladie mentale en déclinant trois niveaux de dépendance. Le premier nommé "borderline" concerne les personnes qui prennent minimum trois photos d'elle par jour, sans publication sur les réseaux sociaux. Le niveau suivant, "aigu", celles et ceux qui se photographient au moins trois fois par jour puis publient leurs clichés sur Facebook, Twitter ou Instagram. Enfin, le dernier niveau, "chronique", définit une envie incontrôlable de se prendre en photo en permanence avant de les partager sur les réseaux sociaux.


"Généralement, ceux qui présentent cette maladie souffrent d'un manque de confiance en eux, cherchent à s'intégrer et peuvent présenter des symptômes similaires à d'autres comportements potentiellement addictifs", expliquait dans cette étude le docteur Janarthanan Balakrishnan. Peut-on s'en soigner ? Pas de remède clair pour le moment. Si ce n'est attendre que cette mode passe, ou alors tout simplement réaliser à quel point ceci nous rend idiot.  En d'autres termes, si vous voyez votre conjoint.e se prendre en selfie au supermarché avec un poisson, emmenez-le ou la consulter.

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