Réseaux sociaux et dépression à l'adolescence : les filles plus vulnérables que les garçons

Réseaux sociaux et dépression à l'adolescence : les filles plus vulnérables que les garçons

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ALARMANT - Près de 40% des adolescentes souffrant de dépression passent plus de cinq heures par jour sur les réseaux sociaux, selon une étude britannique. Ce phénomène, plus alarmant chez les filles que chez les garçons, serait notamment lié à un manque de sommeil et au harcèlement en ligne.

Quel impact ont les réseaux sociaux sur la santé mentale des jeunes ? C'est ce que questionne une étude anglaise menée par des chercheurs dans le cadre de la Millenium Cohort Study par l'University College de Londres et analysant l’état de 10.904 jeunes adolescents de 14 ans nés entre 2000 et 2002 au Royaume-Uni.


Chez ceux qui fréquentaient les réseaux sociaux jusqu’à plus de cinq heures par jour, force est de constater que les résultats sont alarmants : les symptômes dépressifs décelés chez les filles dans ce cas augmentent de 50% par rapport à celles qui ont une utilisation moins frénétique d'Instagram ou Twitter. Chez les garçons, cette hausse n'est "que" de 35%. Un écart qui s'explique entre autres par le fait que les adolescentes demeurent les plus grandes utilisatrices de réseaux sociaux (40% des filles sondées les utilisent plus de 3 heures par jour contre seulement 20% de garçons). "Une différence alarmante", souligne auprès de CNN la professeure d'épidémiologie et de santé publique Yvonne Kelly. 


Comme le souligne The Guardian, trois quarts des filles âgées de 14 ans présentant ces symptômes révèlent aussi une mauvaise estime d'elles-mêmes, n'aiment pas à quoi elles ressemblent et dorment sept heures ou moins. Ajoutez à cela le fléau du harcèlement en ligne, très présent chez les sondé.e.s - 40% des filles et 25% des garçons avouent l'avoir déjà subi - qui n'arrange rien à l'affaire. 

Conseils aux parents

A lire cette étude donc, les réseaux sociaux prolongeraient les rapports difficiles à l'acception de soi vis-à-vis du regard des autres, renforçant le sentiment d'isolement social de certains ados et pré-ados fragiles. Mais si les chiffres se révèlent préoccupants, attention toutefois à ne pas faire d'amalgames ni de raccourcis en assimilant automatiquement utilisation des réseaux sociaux avec neurasthénie préoccupante ou phobie sociale : "Quand les ados actuels s’engloutissent dans les réseaux sociaux, ils ne sont pas forcément déconnectés de la réalité", nous explique Samuel Dock, psychologue et auteur du livre Punchlines des ados chez le psy, habitué à accompagner les adolescents. "La plupart du temps, on ne donne pas à l'adolescent l'autorisation de rejoindre ses amis dans le véritable espace social qui est la réalité. Si on lui donne la possibilité de sortir, alors il choisira toujours cette option de quitter son smartphone pour aller vers l'autre, dans son groupe d’élection, son autre famille." 


Sur CNN, Yvonne Kelly encourage les parents à parler à leurs enfants du temps qu'ils passent sur les réseaux sociaux et, pourquoi pas, leur imposer un couvre-feu. Le psychologue Samuel Dock prodigue, lui, ce conseil "au parent qui ne comprend pas son enfant" : "Il doit pouvoir écouter simplement la transformation de l'adolescent [sans le regarder comme un mutant]. On dit que les adolescents s’ennuient beaucoup, mais il faut que les parents s’interrogent sur ce qu’ils mettent à disposition de leurs adolescents, pour qu’ils puissent se divertir, pour qu’ils puissent trouver du lien social jusque dans les activités extra-scolaires." 

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