Seuls 10% des 15-20 ans se sentent assez sensibilisés sur la notion de consentement

Psycho

ÉDUCATION SEXUELLE - D'après une récente enquête, la notion de consentement est loin d'être pleinement intégrée chez les jeunes. Les discussions avec les proches et les recherches sur le net seraient par ailleurs largement privilégiées pour se renseigner en termes de sexualité.

Il reste encore bien du chemin à parcourir sur la notion de consentement. C'est ce qui ressort d'une enquête réalisée par le chatbot Jam*, auprès de 1.000 Français âgés de 15 à 25 ans, questionnant la vie sexuelle, la difficulté à s'informer, les frustrations (consentement, injonctions, persistance de tabous, culture du porno...). Les chiffres parlent d'eux-mêmes : si 65% des sondés affirment que la question du consentement s'avère effectivement abordée dans les médias ces dernières années, il n'en reste pas moins un véritable paradoxe : ils sont seulement 10% à penser avoir été suffisamment sensibilisés sur celle-ci, et très nombreux (68%) à admettre que les limites du consentement restent floues et donc peu claires à leurs yeux.

Un point de vue davantage marqué chez les filles (78%) que chez les garçons (59%). En sus, l'enquête montre que les ados et post-ados interrogés s'intéressent avant tout à l'anatomie (31%), aux infections sexuellement transmissibles (17%) et à l'orientation sexuelle (17%).

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Des tabous persistent

Concernant les manières de s'éduquer à la sexualité, 33% des filles et des garçons interrogés déclarent demander conseil auprès de leurs proches, même si de nombreux tabous persistent, notamment au sein de la famille. Internet représente également une part importante dans la pêche aux informations (recherches Google, forums, sites spécialisés...) ainsi que les réseaux sociaux (11%). Pour preuve, 14% des garçons désignent le porno comme source d'information pour leur éducation sexuelle. 

Chez les jeunes, l’entrée en sexualité est souvent l’occasion de redescendre sur terre et de rentrer dans une pratique plus banale et routinière.- Patrick Papazian, sexologue

Le sondage montre également que 48% des jeunes Français estiment que l'on fait "moins" l'amour "qu'avant" et 33% d'entre eux associent cette baisse de libido au stress, mais aussi à la pornographie (25%), à l'insatisfaction sexuelle (22%) et aux écrans (20%). L'enquête montre toutefois que 85% des jeunes pensent que le sexe est important dans une relation. Les sondés vont même jusqu'à affirmer qu'on parle plus facilement de sexe que d'amour et évoquent un tabou autour des notions de désir et de sentiments.

Un rapport complexe à la sexualité que le sexologue Patrick Papazian analyse en ces termes : "La génération Y est la première génération qui a 'tout vu et tout connu' virtuellement avant d’avoir fait quoi que ce soit dans le domaine de la sexualité. On peut comprendre que le passage à l’acte soit vécu différemment : moins d’effet de surprise, une lassitude plus rapidement ressentie. Ce que j’observe parfois, illustre-t-il, ce sont des couples d’une vingtaine d’années en errance sur le plan sexuel, ne trouvant plus de levier d’excitation. Chez eux, l’entrée en sexualité est souvent l’occasion de redescendre sur terre et de rentrer dans une pratique plus banale et routinière. Certains vont dès lors préférer retrouver l’excitation d’un écran. L’écran et le virtuel érotique sont parfois aussi efficaces que la réalité et moins fatigants... Moins d’efforts de séduction à faire, plus de liberté dans l’anonymat du web, c’est tentant."

*Etude 15-25 ans et le sexe disponible sur le site HelloJam.fr

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