VIDÉO - Reconfinement : les conseils d'une psy pour garder le moral

VIDÉO - Reconfinement : les conseils d'une psy pour garder le moral

GARDER LA PÊCHE - La pandémie mondiale et le reconfinement en France pèsent sur l’activité économique mais aussi sur le moral. Pour vous aider à surmonter cette épreuve, LCI a interrogé la psychologue Marie-Estelle Dupond.

Confinés, déconfinés puis reconfinés. Si certains font preuve de résilience, d’autres prennent un sacré coup au moral, en particulier en cette période de froid et de grisaille. A la perte de repères s'ajoute l'incertitude, alors que personne ne sait aujourd'hui quand prendra fin la crise sanitaire. Sans cinémas, de restaurants et soirées entre amis autour d'un bon repas, il faut réapprendre à s'occuper. Une bonne occasion pour entamer un travail d'introspection et mettre à profit ce qu'on n'a jamais eu le temps de faire avant. Pour vous aider à garder la pêche, LCI a interrogé la psychologue Marie-Estelle Dupont. 

Toute l'info sur

La France sort progressivement de son deuxième confinement

LCI : Pourquoi ce nouveau confinement nous déprime-t-il autant ? 

Marie-Estelle Dupond : Tout d’abord, il faut bien se dire qu'il est tout à fait normal de ne pas avoir le moral, quand on a le sentiment de ne pas avoir le contrôle sur une situation. D’autant plus quand on n’a plus de repères et qu’on ne sait pas jusqu’à quand cela va durer. En s’accumulant, toute cette incertitude nous épuise. Par ailleurs, nous sommes plus fatigués que la première fois avec l’approche de l’hiver. C'est pourquoi il faut justement se concentrer sur ce qu'on peut maîtriser. Et éviter au maximum de penser à tout ce qui nous échappe. Ce qu'on peut maîtriser, c'est d’abord la manière dont on vit ce reconfinement. 

Quelles sont les armes dont nous disposons pour y faire face ?

Nous avons développé des compétences pendant le premier confinement. Donc, il faut remettre en place toute ce qui a fonctionné. A commencer par une bonne organisation de son espace, s’attacher à respecter un l'emploi du temps structuré pour garder des repères temporels. Il faut également essayer de compenser les effets négatifs du confinement sur notre cerveau. Nous sommes privés d'air, d'interactions sociales. Il faut lui donner des satisfactions, ce qui va avoir pour effet de limiter la déprime. De même, il faut s’attacher à remplacer les interactions sociales avec une relation avec soi-même au travers d'activités qui font baisser le niveau de stress. Pour les uns, ça va être l'écriture. Pour d’autres, ce sera le dessin, la sculpture ou bien encore le jardinage. A travers la sensation de toucher, cela va avoir pour effet de vous déstresser. Il faut veiller à consacrer du temps chaque jour pour ce type d’activités. 

Le sport est le meilleur antidépresseur naturel, puisqu'il permet de faire baisser les hormones du stress- Marie-Estelle Dupond, psychologue clinicienne à Paris.

Le confinement a-t-il aussi des effets sur le sommeil ?

Marie-Estelle Dupond : Le fait de rester enfermé chez moi à longueur de temps a pour effet de désynchroniser le cerveau, ce qui perturbe le sommeil. Il faut s'exposer à la lumière naturelle et avoir une activité qui vous reconnecte avec vous-même. Nous sommes privés de mondanités mais pas d'introspection. Cela peut être le moyen de tirer bénéfice d'une situation qui nous semble imposée et négative au départ.

La pratique d’une activité physique est-elle également indispensable ?

Marie-Estelle Dupond : Le sport est le meilleur antidépresseur naturel, puisqu'il permet de faire baisser les hormones du stress et de réguler le taux de sucre sanguin, et donc aussi l'appétit. Ce n’est pas tant une question de performance que d’équilibre. On vit mieux dans un corps sain. Pour d'autres, ça peut aussi être une activité créatrice. Le but est de transformer le négatif qu’on nous impose en occasion de faire tout ce qu’on n’a jamais pris le temps de faire avant.

Lire aussi

Pourquoi est-il essentiel de garder des liens avec ses proches ?

Marie-Estelle Dupond : Respecter les règles, c'est une chose. Mais il ne faut pas non plus renoncer à nos besoins vitaux. Nous devons désapprendre à interagir mais pas à nous aimer. Donc, il est indispensable de maintenir du lien par tous les moyens possibles. Il faut faire appel à notre créativité parce qu'on n'a pas le choix. C’est aussi l’occasion de redonner de la place à l'essentiel, à savoir sa propre cellule familiale ou amicale.

Découvrez le dernier numéro du podcast Expertes à la Une Episode 5 - Dr Astrid Chevance "Avec la crise sanitaire, la santé mentale des français va être mise à mal !"

SUR APPLE

SUR DEEZER

SUR SPOTIFY

Avec « EXPERTES A LA UNE », Christelle Chiroux part à la rencontre de CELLES qui ont des choses à dire. Parfois trop invisibles, elle plonge dans chaque épisode au cœur de leur univers intime ou professionnel, sous la forme d’une conversation pour les mettre dans la lumière.

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

EN DIRECT - Loi "sécurité globale" : 62 blessés parmi les forces de l'ordre, 81 interpellations

93 médicaments commercialisés en France seraient dangereux, selon la revue Prescrire

Combien de convives autour de la table pour Noël et le jour de l'An ?

Nombre de convives, aération... quels conseils pour passer des bonnes fêtes de fin d'année ?

Covid-19 : premier décès d'un volontaire aux tests pour un vaccin

Lire et commenter