Vous pouvez l'attraper pendant vos vacances : connaissez-vous le "syndrome du voyageur" ?

Psycho

MAL-ÊTRE - Il arrive que des touristes, en visitant certains pays ou certaines villes, subissent un choc émotionnel et ressentent d'étranges symptômes. On parle alors de "syndromes du voyageur" parmi lesquels se trouve le fameux "syndrome de Stendhal". Mais de quoi s'agit-il réellement ?

Avant de partir en vacances, méfiez-vous du syndrome du voyageur, ce trouble psychique que rencontrent des personnes comme vous et moi lorsqu'elles sont confrontées à des aspects méconnus et non-anticipés de la réalité du pays visité. Autrement dit lorsque le fantasme se confronte brutalement à la réalité. Une illumination pouvant générer de la simple anxiété avec palpitations et sueurs à un état de délire aigu accompagné parfois d'hallucinations, de sensations vertigineuses ou d'un sentiment de persécution. 

Par ailleurs, et c'est important de le préciser, nul besoin d'avoir connu des problèmes psy par le passé pour connaître pareil séisme intérieur : le "syndrome du voyageur" ne se produit pas lors d'un "voyage pathologique" au cours duquel un sujet entreprend un voyage motivé par un contexte psychiatrique mais bel et bien lors d'un "voyage" comme chacun est amené à en faire dans l'année. LCI vous a sélectionné les quatre "syndromes" les plus connus.

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Syndrome de Stendhal

C'est le syndrome le plus "célèbre", le plus souvent cité, le plus à-même de toucher les individus les plus sensibles et émotifs. 

A Florence, ce "syndrome du voyageur" est provoqué par un trop-plein d'émotions suscitées par la grandeur physique et morale d'œuvres d'art époustouflantes. Le voyageur n'était simplement pas préparé à recevoir un tel éblouissement. 

Il a été décrit par Stendhal qui le premier, en 1817, dans ses carnets de voyage, a fait la description de ce que lui-même a ressenti en sortant de la Basilique Santa Croce à Florence : "J'étais dans une sorte d'extase, par l'idée d'être à Florence, et le voisinage des grands hommes dont je venais de voir les tombeaux. Absorbé dans la contemplation de la beauté sublime, je la voyais de près, je la touchais pour ainsi dire. J'étais arrivé à ce point d'émotion où se rencontrent les sensations célestes données par les Beaux Arts et les sentiments passionnés. En sortant de Santa Croce, j'avais un battement de cœur, la vie était épuisée chez moi, je marchais avec la crainte de tomber." 

Les hôpitaux de Florence reçoivent encore régulièrement des voyageurs frappés par ce syndrome.

Syndrome de Paris

Face à l'image de Paris, si souvent louée auprès des étrangers comme la plus belle ville du monde, a fortiori dans l'art (le Montparnasse des Années folles ou le Paris d’Amélie Poulain faisant florès), il arrive que les déconvenues donnent lieu à des syndromes sévères chez les touristes, principalement les touristes japonais. Le comportement et le langage démonstratifs des Français sont parmi les éléments les plus insupportables aux yeux des Japonais, supportant mal l’attitude trop "latine",  trop entreprenante de certains Français. 

Un choc culturel difficile à envisager, décrit pour la première fois en 1991 par le Docteur Hiroaki Ōta, psychiatre au centre hospitalier Sainte-Anne à Paris. À l'été 2011, vingt personnes auraient été concernées par ce syndrome, la plupart japonaises, six ont dû être rapatriées dans leur pays.

Syndrome indien

Comme on le sait, l'Inde est un pays culturellement riche, où l'histoire, les codes sociologiques et la foule donnent le sentiment à de nombreux occidentaux de voir leurs repères s'effondrer. Ce "syndrome indien" a été observé par le psychiatre Régis Airault, en poste à l'ambassade de France en Inde, chez des touristes occidentaux se rendant en Inde, pays dans lequel leurs repères n’ont plus cours. 

En cause, la foule, le bruit, les odeurs, la pauvreté, les excès du climat (mousson, chaleur…), l’omniprésence de la mort et du mysticisme. De quoi engendrer chez certains un vacillement de la personnalité parfois accompagné de troubles psychiatriques importants.

Syndrome de Jérusalem

On n'en compte qu'une cinquantaine de cas par an mais ils sont extrêmement spectaculaires. Là où l’extase est esthétique pour Le syndrome de Stendhal, elle est religieuse pour le syndrome de Jérusalem, la ville regroupant les trois religions monothéistes. Le Mur des Lamentations en est l’épicentre. Et pour un touriste branché religion, arriver dans la Ville Sainte où l'ambiance religieuse imprègne toute la ville peut lui donner l'illusion de perdre tout contact avec la réalité. 

Ne pas croire que ce syndrome-ci ne touche que des ravis de la crèche : 1 200 personnes auraient ressenti ce syndrome, à des degrés divers, entre 1980 et 1993, et une quarantaine de personnes serait hospitalisée chaque année à l'hôpital de Kfar Shaul. Les grandes fêtes religieuses (comme Noël, Pâques, Pessah) et les mois chauds seraient propices à ce syndrome. Ajoutons des chiffres : les victimes de ce syndrome seraient pour 66% de confession juive, 33% chrétiens, et 1% sans religion.

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