Boom des livraisons en point relais : une commerçante explique pourquoi elle jette l'éponge

Boom des livraisons en point relais : une commerçante explique pourquoi elle jette l'éponge

ORGANISATION - Les consommateurs changent leurs habitudes en récupérant leurs achats commandés sur Internet dans un point relais près de chez eux. Mais certains commerçants ne souhaitent plus proposer ce service à l'instar de Nadine, gérante, à bout.

De plus en plus de commerces de proximité croulent sous les colis. Depuis le début de la crise sanitaire, les bureaux de presse, les épiceries ou encore les boulangeries ont ajouté une corde à leur arc en se transformant en point-relais, réceptionnant les commandes croissantes effectuées en ligne par les consommateurs pour que ceux-ci les récupèrent facilement. Ce type de retraits a en effet augmenté de 40% depuis l'année dernière (soit 10.000 points-relais en France fin décembre 2020), selon le leader Mondial Relay. 

En procédant ainsi, on aurait pu penser que les commerces de quartier auraient pu tirer leur épingle du jeu en augmentant leur visibilité ainsi que leur chiffre d'affaires. Mais, saturée par les flots de colis, une gérante de Brest a préféré jeter l'éponge. "Là c'était bondé", pointe du doigt Nadine Guillemot, devant les caméras de TF1. "Dès qu'il y avait un petit espace, c'était fait pour les colis."

En gagnant seulement quarante centimes par expédition, la commerçante a déchanté en réalisant que cet envahissement de cartons ne lui permettait pas d'être rentable. "C'est une activité qui non seulement a pris le pas, mais a complètement dégradé mon activité principale qui est l'informatique", déplore-t-elle. 

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Le manque de civisme des clients, autre grief

La patronne indique par ailleurs qu'elle ne supportait plus le manque de civisme des clients. "J'ai simplement affiché le fait qu'il serait intéressant que les gens nous disent 'bonjour', 'merci', 'au revoir', quand ils viennent retirer un colis" dit-elle en placardant une grande affiche jaune dans sa boutique. "Il ne faut pas oublier qu'on est là surtout pour rendre un service à une clientèle de proximité. Et un sourire peut tout changer, ça, j'en suis sûre", affirme-t-elle. 

Un constat en partie partagé par un confrère buraliste qui doit également gérer une augmentation trois fois plus importante du nombre de paquets à réceptionner que l'année dernière. Une centaine de colis par jour contre trente auparavant, raconte Mickael Gojoss, co-gérant d'un tabac à Brest, à TF1. "Le plus gros défi c'est que pendant ce temps-là (gestion des colis, ndlr), le magasin se remplit. On ne peut pas s'occuper de tous les clients en même temps"

Reste que, contrairement à Nadine Guillemot, il ne compte cependant pas renoncer à cette source de revenus supplémentaire. 

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En dépit du fait que certains commerçants français cessent cette activité devenue trop pénible au quotidien, Mondial Relay estime qu'il y aura 13.000 points relais sur l'ensemble du territoire au printemps prochain.

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