SOS Villages - Je veux partir vivre à la campagne : comment convaincre mon/ma conjoint(e) ?

SOS Villages - Je veux partir vivre à la campagne : comment convaincre mon/ma conjoint(e) ?

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A DEUX - Et si on quittait la ville pour aller vivre à la campagne, là, maintenant, tout de suite ? Pas si vite... Avant de passer le pas, votre conjoint(e) doit totalement adhérer à votre projet, sinon vous allez au devant de bien des déconvenues. C'est d'ailleurs la deuxième cause d’échec des transferts ville-campagne.

Chaque année 100.000 citadins vont s'installer à la campagne. Et les raisons invoquées ne manquent pas. Bien souvent, il s'agit d'offrir un meilleur cadre de vie à ses enfants, d'avoir une grande maison avec son jardin attenant, en lieu et place d'un minuscule appartement , de respirer le grand air, ou encore de vivre au calme. 


Parmi les facteurs déclenchant figure aussi l’arrivée du premier ou du deuxième enfant, surtout pour ceux qui ont été élevés à la campagne. La classe d’âge des 25-35 ans est d’ailleurs celle qui montre le plus d’engouement pour la vie rurale. Mais si vous êtes en couple, ce projet, qui doit être mûrement réfléchi, ne peut pas se décider seul.

C'est voué à l'échec si on choisit pour deuxSylvie Le Calvez, directrice de Village Magazine

"C’est voué à l’échec si on choisit pour deux", confirme Sylvie Le Calvez, la directrice de Village Magazine. "A mon avis, il ne faut surtout pas avoir à convaincre son conjoint. Soit le couple est décidé, parce qu’il y en a un qui va en profiter pour créer son activité en parallèle ou suivre une formation, mais s’il n’y a pas d'entente sur ce projet de vie, ce sera un désastre. Il faut que ce soit voulu en amont".


Et pas besoin de sortir des arguments, souvent éculés, et de lui dire, par exemple : "Tu verras il y a le bon air, c’est sympa". "Si l’un des deux dans le couple n’est pas partant, il ne FAUT pas passer le pas. Il y a beaucoup d’échecs d’installation en milieu rural dû à des problèmes de couple", poursuit la spécialiste. 


Parmi les questions que l'on doit inévitablement se poser, il y a la problématique de l'emploi : "Est-ce qu’il y aura du travail pour deux ?" Car bien souvent, l'un des deux conjoints est muté et l'autre doit faire le choix d'abandonner son travail sans savoir s'il en retrouvera un sur place. C'est ce qui s'est passé pour Hélène Dorey il y a 20 ans. Cette jeune journaliste a suivi son mari, informaticien à l'époque, qui était muté en Provence. Elle est partie de Paris, ville où elle est née et qu'elle n'avait jamais quitté, pour tenter l'aventure à deux dans un petit village à 5 km d'Aix-en-Provence. 


"J'ai suivi mon mari les yeux fermés, il n'a pas eu besoin de me convaincre", dit-elle à LCI. "Je pensais être prête mais les premiers mois n'ont pas été faciles : je me suis retrouvée au chômage, seule à la maison. Je ne connaissais personne. On avait une voiture pour deux, donc je ne pouvais pas me déplacer..." Des déconvenues qu'elle a racontées dans un guide : "Choisir de quitter la ville" (Editions Vocatis).

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Le télétravail a du bon

"Quand on l'a annoncé, ce fut une vraie surprise pour les gens dans notre entourage. Ma famille et mes amis ne pouvaient pas y croire : 'Toi, quitter Paris ? Jamais ! Ce n'est pas possible'. Evidemment, ce changement n'a pas été pas facile puisqu'on ne quitte pas seulement la ville, mais aussi tous ses proches", poursuit la jeune femme. 


Parmi les inconvénients, "on gagne moins d'argent, on se demande si on va retrouver du boulot, il faut se refaire un cercle d’amis, se faire accepter dans le village... J'avais par exemple une vieille voiture, immatriculée 75, et je sentais les regards pesants; j'étais cataloguée comme un nouvel arrivant. En revanche, une fois qu’on est accepté, l’entraide est formidable. Tu peux faire tes courses même si tu oublies ton porte-monnaie, et j’ai trouvé sans problème une baby-sitter pour mon fils quand il était petit". 


Côté boulot, elle a su rebondir très vite. "En fait je n'ai pas eu besoin de changer d'activité, et ça c'est important de le dire, car on croit souvent qu'il faut forcément se reconvertir, ce n'est pas toujours le cas", explique Hélène Dorey. "Je pige pour des magazines qui sont à Paris. Sauf que dans le sud, il y a souvent des orages, et on se retrouve régulièrement sans internet. Quand je reste deux jours sans ordinateur, c’est la catastrophe, je me retrouve au chômage forcé".

Et si c'était à refaire ?

"Cette année, cela fait 20 ans que l’on est parti. J’aime bien retourner à Paris, j’y ai vécu 30 ans. J’y vais pour les bons côtés : voir ma famille, découvrir des spectacles, faire les boutiques. Il ne faut pas le dire mais les 'vraies' Galeries Lafayette sont à Paris et non à Marseille !", raconte-t-elle encore. "Quand je suis dans le sud, c’est une autre qualité de vie. Bien sûr, on gagne nettement moins d'argent mais quand je regarde par la fenêtre, je vois des champs d’oliviers, et ça, ça n’a pas de prix". 


"Je n'imagine pas une seconde retourner en région parisienne. Tout ce qui se passe à Paris, nous semble d'ailleurs bien loin. Avant, on habitait dans le 19ème arrondissement et il y avait beaucoup de tensions. Je dis désormais à mon fils de 13 ans qu'il a beaucoup de chance d'être loin de tout ça", poursuit-elle. Et son couple dans tout ça ? "Mon conjoint qui était informaticien est désormais... professeur de plongée sous-marine ! Nous travaillons aussi ensemble, puisqu'il est également photographe et m'accompagne sur certains de mes sujets. Un tel changement de carrière n'aurait pas pu être possible si nous étions restés à Paris", conclut-elle, ravie.

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