Démontage de sept éoliennes : les écologistes de l'Hérault savourent leur victoire

Démontage de sept éoliennes : les écologistes de l'Hérault savourent leur victoire

BATAILLE – C’est une première en France. Le tribunal d’instance de Montpellier a ordonné le démantèlement des sept éoliennes de Lunas, dans l’Hérault. Après un long combat, les associations écologistes savourent leur victoire.

C’est la fin de longues années de procédures. Un collectif de défense de l’environnement avait déposé un recours auprès du tribunal d’instance de Montpellier pour réclamer la démolition des sept éoliennes de 93 mètres de haut sur la commune de Lunas. La justice a tranché et a rendu une décision inédite le mois dernier : la société Énergie Renouvelable Languedoc (ERL), du groupe Valeco, a quatre mois pour démonter les éoliennes installées il y a 6 ans. À défaut, elle devra verser 9.000 euros de pénalités par jour. 

Contactée par TF1, l’entreprise a refusé toute interview mais a transmis une réponse : "Nous sommes extrêmement surpris par cette décision inattendue et lourde de conséquences pour l’activité de notre entreprise montpelliéraine. Nous allons faire appel." 

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La porte-parole du collectif, quant à elle, savoure la victoire. "Je ressens de la joie ! Ce que l’on vit là, c’est ce qu’aimeraient vivre toutes les associations de France", sourit Marion Valley. 

L’association évoque le danger que représentent ces éoliennes pour la biodiversité, notamment pour un couple d’aigles royaux. "Quand ça tourne en vitesse moyenne, c’est plusieurs centaines de km/h à l’extrémité des pales. Les oiseaux sont incapables d’éviter ce genre de choses. S’ils passent trop près, ils se font impacter et découper en morceaux", explique un spécialiste. Les pales auraient déjà tué de nombreux oiseaux dont deux rapaces : un aigle juvénile en 2017 et un vautour moine en 2020. Cet argument a fait pencher la balance en faveur du démantèlement des machines.

Des avis mitigés dans la commune

Certains habitants approuvent la décision. "Moi, je suis arrivé dans la région, il y a 20 ans. Il n’y avait pas une éolienne là-haut, c’était magnifique. Maintenant, on ne voit que ça, c’est moche ! C’est affreux", témoigne un riverain. Mais d’autres Lunassiens s’interrogent sur cette action judiciaire. "C’est n’importe quoi ! Si on arrêtait les centrales nucléaires, comment ferait-on pour produire de l’électricité ? On irait la chercher à l’étranger ?", questionne un autre habitant. Les élus, quant à eux, sont désabusés. En effet, les taxes leur rapportent chaque année des milliers d’euros, réinvestis dans le développement durable. "La lutte contre les déchets, les économies d’énergie et les mobilités douces et alternatives", fait valoir le maire. Il rapporte que sans ces ressources, leurs ambitions seront revues à la baisse. 

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L’entreprise ERL compte désormais sur  son dernier recours. Les associations, elles, espèrent bien remporter l’ultime bataille. 

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