"Si on ne trouve pas de solution, dans cinq six ans, on sera au bout" : Portraits d’agriculteurs en Côte-d’Or

"Si on ne trouve pas de solution, dans cinq six ans, on sera au bout" : Portraits d’agriculteurs en Côte-d’Or

PORTRAITS – Alors que le salon de l’agriculture est annulé cette année à cause de la crise sanitaire, des agriculteurs de Bourgogne nous font part de ses difficultés pour l’un et de la manière dont elle s’en sort pour l’autre.

Ce mardi, Emmanuel Macron s’est rendu dans les fermes de Bourgogne. En ce moment se tiennent les négociations avec la grande distribution. Les discussions sont très tendues car les agriculteurs réclament une rémunération plus juste de leur travail. 

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Le 13h

Jean-Luc Gerbon est éleveur à Benoisey en Côte-d’Or, il a repris l’exploitation familiale en 2011. Avec le prix de vente fixé par les distributeurs sur la race charolaise, 3.80 euros, il n’arrive pas à couvrir les coûts de production. "Une vache me coûte 2000-2100 euros et aujourd’hui on me la paye 1600 euros donc il y a une différence de 500 euros et ce n’est pas supportable", explique-t-il. Avec ce montant, il arrive tout juste à payer les charges mais ne parvient pas à se dégager un salaire correct. Il n’atteint même pas le SMIC malgré toute la charge de travail. "Je suis à 70 heures par semaine, mon temps de travail n’est pas compté. Je devrais être à plus de 2000 euros  et là je suis à 900 euros", poursuit Jean-Luc. Aujourd’hui, pour lui, c’est la désillusion. "C’est un rêve d’enfant mais on s’aperçoit que c’est de plus en plus dur. Aujourd’hui on nous demande de plus en plus de qualité, de faire attention à l’environnement et on ne nous paye pas. Si on ne trouve pas une solution, dans cinq six ans, je pense qu’on sera au bout", conclut-il.

La diversification pour s'en sortir

Alors pour s’en sortir, d’autres éleveurs ont fait le choix de se diversifier comme Emilie Jeannin. Elle élève 200 bovins et vend une partie de sa production en direct sur les marchés, à la ferme ou chez des petits commerçants. "Ça nous permet de déterminer notre prix de vente. Nous, par exemple, on a établi nos tarifs de façon à pouvoir être rémunérés correctement. C’est le double de ce que l’on pourrait faire si on vendait les mêmes animaux vivants dans le marché conventionnel et puis il y a quelque chose qui ne se mesure pas en argent mais c’est la satisfaction et tous les retours clients qu’ils nous font sur le produit", témoigne-t-elle. Le système fonctionne mais il nécessite un nouveau mode de production avec un investissement plus conséquent loin d’être à la portée de tous les éleveurs. 

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