Les Normands ont, eux aussi, leur attestation en langue régionale

Les Normands ont, eux aussi, leur attestation en langue régionale

INSOLITE – Des attestations dérogatoires en langues régionales sont désormais disponibles. Une initiative qui plaît aux Normands.

"Acertainement dérogatouère pouor se déhalaer". C’est ainsi que vous pouvez lire "attestation dérogatoire de déplacement" en langue normande. Et cette attestation est tout à fait légale, car traduite en français, depuis le 23 mars dernier dans les départements de l’Eure et de la Seine-Maritime. 

"Parce que la situation sanitaire ne doit pas nous faire oublier la culture et l’histoire de notre territoire, Jean-Philippe Joly, de la Fédération des Associations pour la Langue Normande, vient de créer une attestation de déplacement dérogatoire à partir de tous les parlers normands continentaux", peut-on lire sur le site de la région Normandie avant de télécharger le document. 

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Le 13h

L’initiative avait déjà été appliquée au premier confinement. La nouvelle attestation prend en compte les changements réalisés depuis. Même ceux qui ne parlent pas le normand se réjouissent de la nouvelle, encore faut-il comprendre l’attestation pour pouvoir la remplir. En tout cas, "ça met un peu de soleil dans cette période morose", affirme une normande dans le reportage en tête de cet article. 

Une langue en danger selon l’Unesco

L’Unesco répertorie les langues en danger à travers le monde et le normand en fait partie. La région Normandie a mis sur pied un conseil scientifique et culturel des parlers normands depuis 2019. "L’attestation est une façon de promouvoir le normand. C’est une langue qui est quasiment oubliée, il y a des gens qui trouvent ça rigolo mais d’un autre côté, ils sont surpris, d’une part, que ça existe, d’autre part, que ce soit légal et qu’on puisse l’utiliser", affirme Joëlle Leroy, secrétaire de l’association de préservation de la langue normande "la chouque"

Pour certains anciens, c’est une façon de se replonger dans leurs souvenirs d’enfance comme Bernard, 90 ans, qui parle le patois normand depuis le plus jeune âge. "Mon arrière-grand-mère, quand elle trayait sa vache, elle disait 'brande pas', c’est-à-dire ne remue pas", explique-t-il amusé.  

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Aujourd’hui, la transmission de ce patois se fait de plus en plus rare, mais certains souhaitent tout de même l’apprendre à la jeune génération comme Christine. "J’essaierai de parler un peu normand à mes petits-enfants la prochaine fois que je les verrai parce que, même s’ils vivent dans d’autres régions de France, il y aura toujours une racine importante", confie-t-elle. 

En Alsace, en Occitanie et en Bretagne aussi, les habitants ont leur attestation traduite en langue régionale, une manière de rendre le papier plus sympathique.

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