"Ça fait mal" : le désarroi des salariés de la fonderie MBF du Jura face à la liquidation

"Ça fait mal" : le désarroi des salariés de la fonderie MBF du Jura face à la liquidation

COLÈRE - Le couperet est tombé mardi : la fonderie MBF du Jura est placée en liquidation judiciaire. Un crève-cœur pour ses 280 salariés après des mois de combat.

C’est un véritable coup de massue pour les 280 salariés de la fonderie MBF du Jura. La liquidation du site a été prononcée mardi à Dijon. Ce mercredi matin, les quelques salariés encore présents étaient abasourdis. Ils ne réalisent pas encore que leur entreprise ferme définitivement ses portes. "On est tous sur les genoux", "Je trouve que c’est lamentable d’abandonner une usine comme ça", "Ce sont 280 salariés qui vont être mis à la porte plus un bassin de l’emploi qui va être carrément sinistré", témoignent trois d'entre eux dans le reportage de TF1 en tête de cet article.

Créée dans l'immédiat après-guerre, la fonderie MBF Aluminium, qui fabrique carters de moteurs et pièces de boîte de vitesse, avait été placée en redressement judiciaire début novembre, faute de pouvoir rembourser ses dettes. Pour Eric, qui travaillait dans la partie mécanique, difficile de se projeter dans l’avenir. "Ça fait mal, c’est vrai. Ça fait 33 ans que je suis dans la boîte, on se demande ce qu’on va faire après à 54 ans", soupire-t-il. 

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Sa direction, représentant les actionnaires - le britannique CMV et un entrepreneur italien -, avait été écartée par le tribunal de commerce durant le redressement, avec nomination d'un administrateur judiciaire.

Mardi, le tribunal n'a pas retenu l'unique offre de reprise, portée par l'entrepreneur français Michaël Azoulay. Selon un observateur du dossier, ce projet, qui prévoyait la reprise d'un peu plus de 200 salariés, a été jugé insuffisant en termes de garanties financières et a été fragilisé par l'absence d'engagements de commandes des principaux clients de l'entreprise, Renault et PSA (Stellantis).

"Des familles vont partir"

Les salariés se sentent abandonnés, et ce uniquement pour des questions de profit. "Cette pièce-là, pour des choix stratégiques de rentabilité, est aujourd’hui délocalisée en Espagne", pointe un salarié en colère en montrant un carter à TF1. Lui et quelques autres veulent encore se battre pour conserver un savoir-faire qui risque de se perdre. "On a la technologie d’avenir, on a le matériau d’avenir, l’aluminium, on a encore besoin de fonderies et MBF aurait dû rester dans ce paysage-là", poursuit-il. 

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La commune de Saint-Claude est aussi sous le choc. MBF Aluminium était le plus gros employeur privé de la ville. "Ça s’accumule, il y a déjà eu la fermeture de certains services d’hôpital, il y a de plus en plus de sociétés qui s’en vont. Là, c’est la cerise sur le gâteau", affirme un commerçant. 

"C’est encore un bassin de l’emploi qui est menacé et forcément, après, ça va être tous les commerçants qui vont encore en pâtir, le bassin de l’emploi, des familles qui vont partir", ajoute une autre commerçante qui tient une boutique de vêtements. Les salariés devaient se retrouver en assemblée générale ce mercredi après-midi dans l’espoir de continuer leur lutte. 

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