Amendes de stationnement : la colère des infirmiers verbalisés quand ils sont en intervention

Amendes de stationnement : la colère des infirmiers verbalisés quand ils sont en intervention

REPORTAGE – Malgré une législation demandant une certaine tolérance de la part des agents de police, des professionnels de santé à domicile se plaignent des verbalisations de stationnement qu’ils reçoivent alors qu’ils sont en service.

"Je vais tourner, me mettre sur le jaune, je ne peux pas, là je peux pas... Donc là, je vais commencer à tourner, essayer de trouver une place…". Patricia Morisset est infirmière libérale à Toulon et elle est en colère. 

Pour elle, comme pour ses collègues, il est très difficile de réussir se garer aux places disponibles avant d'aller voir ses patients. Si bien que cet été, elle a reçu trois PV de verbalisation. 

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"Une piqûre, c'est 3,15 euros bruts. Mais si vous prenez 135 euros alors que vous avez gagné 3 euros, le ratio est vite fait, on décide de ne plus y aller", confie Patricia Morisset dans le reportage de TF1 en tête de cet article. Une réaction que partage Francis Gahuzes, lui aussi très remonté. "Quand les infirmiers libéraux ne peuvent plus se garer, ils vont faire comme tout le monde, ‘vous habitez où ?’, ‘ah bah monsieur, je ne vais pas venir’", assure-t-il. 

Depuis le mois de juin, cet infirmier a reçu huit PV, soit 168 euros au total. Et ce bras de fer entre les infirmiers libéraux et les policiers se retrouve sur l’ensemble du territoire. Si le stationnement gratuit pour les infirmiers libéraux est une demande ancienne de la part des syndicats de la profession, ces verbalisations détonent alors même que ces soignants ont été très sollicités ces derniers mois.

"C'est extrêmement choquant, surtout dans un cas de crise sanitaire, de se faire verbaliser pour une place de stationnement, parce qu'on n'a pas payé 20 ou 50 centimes. Pourquoi l’infirmier ou l’infirmière n’a pas pris le temps de payer ces 20 ou 50 centimes de stationnement ? Eh bien parce qu’il ou elle court après le temps", rappelle Patrick Karsenti, président du Conseil de l'ordre des infirmiers du Var.

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En fait, la législation est floue. Une circulaire qui date de 1986 demande aux agents de police de faire preuve de discernement et d'être tolérant lorsque le caducée est visible sur le pare-brise. 

"On applique une certaine souplesse. Sauf dans des cas bien précis, qui sont les emplacements handicapés, les passages cloutés, les emplacements réservés pour les fourgons blindés et puis le stationnement sur les trottoirs, quand le stationnement est gênant et que le piéton est obligé de marcher sur la route. Dans ces cas-là, on fait une verbalisation", détaille Laurent Jérôme, adjoint à la sécurité à la mairie de Toulon. 

Cependant, cela n'est pas suffisant pour les infirmiers libéraux, qui insistent pour plus de compréhension. Ils demandent aux agents chargés de la verbalisation de faire preuve de bon sens, car derrière, assurent-ils, les patients pourraient être aussi sanctionnés. 

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