Surfréquentation : comment les Calanques cherchent à se protéger des touristes

Surfréquentation : comment les Calanques cherchent à se protéger des touristes

TOURISME - Le parc national des Calanques de Marseille est victime de son succès. L'an dernier, il y a eu beaucoup trop de visiteurs, avec des dégradations à la clé. Plusieurs mesures ont donc été prises, avec la volonté de décourager une partie des vacanciers.

L'épidémie de Covid-19, qui a cantonné durant des mois des citadins dans leurs appartements, a eu pour conséquence de pousser de nouveaux visiteurs vers les espaces naturels. Résultat, cette année encore, la région Provence-Alpes Côte d'Azur, avec son littoral méditerranéen, ses quatre parcs naturels nationaux et ses neuf parcs régionaux s'attend à une forte fréquentation de la clientèle française et étrangère. 

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Mais face au triptyque maudit, trop de monde, au même endroit, au même moment, comment faire ? Dans la calanque de Sormiou, par exemple, le bain de mer ou de soleil se transforme généralement en bain de foule. "On prend le premier trou", s'amusent des vacancières, interrogées par TF1 dans le reportage du 20H en tête de cet article. Tandis que deux Bretons en villégiature font preuve de moins de patience. "On pensait pouvoir s'installer tranquillement, mais là on arrive à quatre sur la plage, c'est impossible", lance l'un des jeunes hommes. En 2020, trois millions de personnes ont foulé les sentiers de cet écrin ou jeté l'ancre dans ses eaux turquoise et cette année, c'est bien parti pour recommencer. 

Repousser plus loin les voitures et les bateaux

Les Calanques sont en fait clairement victimes de leur proximité immédiate avec la ville de Marseille. L'idée est donc d'éviter la surfréquentation pour protéger la nature sans décourager le tourisme, poumon économique de la région. "Comment on incite le visiteur à abandonner son comportement urbain, c'est-à-dire la voiture ? On va toujours au plus près de là où on veut acheter par exemple. C’est aussi abandonner son enceinte connectée, ne pas fumer dans l'espace naturel", détaille Didier Reault, le président du parc national des Calanques.

Pour tenter de réguler le flux de visiteurs, il a fallu chercher de l'inspiration ailleurs. "Sur un parc d'attraction bien connu en Europe, on ne se gare pas n'importe où, vous êtes guidé vers tel endroit, on vous dit le temps d'attente, donc, nous aussi, on doit se mettre à ce goût du jour", poursuit Didier Reault. Le parc a investi plusieurs millions d'euros. D'abord pour installer des barrières aux entrées, aménager des parkings, augmenter le nombre de navettes et ainsi repousser plus loin les voitures. 

Ne plus s'approcher d'aussi près, c'est aussi valable en mer. L'année dernière, certains jours, dans la calanque d'En-Vau, on a recensé jusqu'à 80 bateaux simultanément. "On était tous collés les uns aux autres, comme dans un parking de supermarché", se souviennent des vacanciers. Désormais, il est interdit d'y jeter l'ancre. 

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Une fois qu'on a repoussé les voitures et les bateaux, l'autre enjeu, c'est de compter les visiteurs et de leur faire rebrousser chemin quand ils sont trop nombreux. Pour cela, le parc compte sur de nouvelles générations de capteurs. Leurs données sont transmises en temps réel à une application. "Quand c'est rouge, on a atteint un niveau de surfréquentation et du coup, il y a un texte qui s'affiche et qui dit : 'attention trop de monde, la calanque souffre'. Donc l'objectif, c'est que le visiteur reporte sa visite", explique Zacharie Bruyas, le directeur de la communication du parc national des Calanques. 

Mais il n'est pas sûr que cela suffise à éviter la surfréquentation. Le parc national réfléchit donc à mettre en place un système de réservation dès l'année prochaine. Ainsi, avec un nombre limité de visiteurs, poser sa serviette ne sera plus un problème.

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