TGV pris d'assaut, billets hors de prix... Les Parisiens s'exilent

TGV pris d'assaut, billets hors de prix... Les Parisiens s'exilent

EXODE - Avant l'entrée en vigueur du troisième confinement dans seize départements, plusieurs Franciliens ont choisi une nouvelle fois de s'échapper dans les territoires du Grand Ouest.

Les clés de la maison secondaire dans la poche, les voyageurs chargés de bagages se pressent ce vendredi à la gare Montparnasse. Alors que seize départements (dont ceux de l'Île-de-France) s’apprêtent à être mis sous cloche, ceux qui le peuvent attrapent les dernières places de TGV avant que la mesure ne rentre en vigueur à minuit. Direction les contrées déconfinées. Après les annonces du Premier ministre, les réservations ont été multipliées par deux par rapport à la veille, avec 73.000 billets vendus. À noter aussi qu'il y a eu neuf fois plus d’annulations. Les trains vers la Bretagne, le Sud-Ouest ou Lyon étaient tous complets selon une porte-parole de la SNCF, contre 60 à 70% de remplissage ces derniers vendredis. 

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La France retrouve le confinement

À peine le temps de se munir d’un billet que les voyageurs embarquent déjà. "Je n’ai rien préparé, j’ai simplement un ordinateur sur moi", confie un homme aux cheveux gris qui s’échappe à l’Ile d’Yeu. À quelques mètres, une femme bien apprêtée a choisi de partir aussi, le confinement étant "trop angoissant". Encouragés par le télétravail – que Jean Castex a encouragé à généraliser - de nombreux actifs ont opté pour l’exil, leur laptop sous le bras. "Pour la première fois, nous n’avons pas pris de billet de retour", confie un jeune couple à Montparnasse, pressé de retrouver sa maison bretonne. 

Le Grand Ouest, une valeur refuge pour ces Parisiens bousculés par un confinement imminent. Si certains voyageurs veulent profiter d’un vent de semi-liberté, d’autres souhaitent rejoindre leur famille. À l’instar de cette étudiante qui descend à Nantes chez ses parents. "Je ne vois pas ce que je peux faire à Paris. Je serai plus à l’aise chez moi", pense la jeune femme, vêtue d’un manteau jaune moutarde. Dans la main, elle tient fermement la cage de son animal de compagnie. Mais pour fuir la région parisienne, la Nantaise a été obligée de mettre le prix. "Je n’aurais jamais pensé payer aussi cher mon billet de train", avoue-t-elle en grimaçant. 

Le prix des billets de train multiplié par dix

Pour se confiner ailleurs, encore faut-il avoir les moyens. En temps normal, on peut trouver des billets Paris-Bordeaux à partir de quinze euros. Ce vendredi, les tarifs ont été multipliés par dix : comptez 160 euros si vous souhaitez vous rendre dans la capitale girondine ce soir. La raison est simple : plus il y a de demandes et plus les prix grimpent. Une aubaine pour le groupe de la SNCF qui en a profité pour rajouter quelques wagons. L'objectif : vendre le plus de billets possibles. 

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Confinement : nouvelle ruée dans les gares parisiennes

À la gare de la Baule-Escoublac (Loire- Atlantique), les trains viennent déposer les premiers Franciliens. Déjà, lors du premier confinement, la population de la Baule – 18.000 habitants – avait doublé avec l’arrivée des personnes extérieures. Sur le quai, cheveux blonds et manteau gris perle, une femme vient récupérer sa fille qui travaille dans la capitale. "Son arrivée était déjà prévue depuis un moment, mais elle a dû précipiter son départ pour éviter le confinement", explique la mère soulagée. Croisé dans le centre-ville, un homme compatit : "Je me mets à leur place, ils sont quand même plus heureux ici en confinement, qu’à Paris."

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Si certaines personnes âgées craignent que les Parisiens "apportent le virus", leur arrivée représente aussi une aubaine sur le plan économique. Les commerçants se frottent les mains. À l'intérieur de  sa boutique de vêtements, Laurence Duval range ses rayons tout en mettant bien en avant les articles de sa nouvelle collection. Pour elle, le retour des Franciliens est une bonne nouvelle. "On est content de les voir. On a une clientèle fidèle qui vient à la Baule. Au contraire, qu’ils ouvrent leur maison et leur villa", encourage la commerçante. Du côté des Parisiens, le message est bien reçu.

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