Affaire Bernard Laporte : Laura Flessel transmet le dossier à la justice

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RUGBY - Bernard Laporte pourrait désormais faire l’objet d’une enquête pénale : le ministère des Sports a transmis à la justice ses éléments sur les pressions que le patron du rugby français aurait exercées pour réduire des sanctions contre Montpellier, le club de Mohed Altrad.

Si le sport n’est pas, en soi, un sujet sérieux, il peut vite le devenir dès lors qu’on est suspecté d'avoir enfreint certaines règles. La ministre des Sports, Laura Flessel, a annoncé lundi soir qu’elle a saisi la justice concernant les pressions qu’aurait exercées Bernard Laporte, président de la Fédération française de rugby (FFR), pour réduire des sanctions contre Montpellier, le club de son ami, l’entrepreneur Mohed Altrad. Il appartient désormais au parquet de décider s'il ouvre une enquête pénale ou non.

Si la justice ouvrait une enquête, la position de l'ancien secrétaire d'Etat aux Sports (de 2007 à 2009) serait fragilisée, pour ne pas dire intenable, à la tête de la FFR, où il est arrivé fin 2016, même si la ministre des Sports Laura Flessel n'a pas appelé à sa démission. Dans tous les cas, une enquête judiciaire prendrait au minimum plusieurs mois, avant qu'un procès soit éventuellement ordonné ou que le dossier se referme sans poursuites. Dit autrement : le mandat de Bernard Laporte n’a pas fini d’être empoisonné par cette affaire.

"Bienveillance"

Pour mémoire, le 13 août dernier, Le Journal du Dimanche avait révélé l'existence d'un contrat, pour un montant de 150.000 euros entre BL Communication, une société appartenant à Laporte, et le groupe de matériel de BTP Altrad. L’hebdomadaire affirmait, en outre, que Laporte était intervenu, fin juin, auprès de la commission d'appel de la FFR pour qu'elle se penche "avec bienveillance" sur le cas du club héraultais. Quinze jours plus tard, Bernard Laporte annonçait renoncer au contrat – dont Mohed Altrad avait dans un premier temps nié l'existence – mais le mal était fait et la ministre Laura Flessel saisissait fin août l'Inspection générale de la jeunesse et des sports (Igjs).

Le travail de l'Igjs a ensuite permis de retracer une chronologie. Ainsi, d'après les conclusions de l'Inspection, les trois membres de la commission d'appel fédérale sont bien tombés d'accord le 29 juin pour sanctionner le déploiement par les supporteurs héraultais de banderoles hostiles à la Ligue nationale. La sanction prévoyait une amende de 70.000 euros et un match de suspension pour le stade de Montpellier. Mais, toujours d'après les conclusions de l'Igjs, cette sanction a bien été revue à la baisse le lendemain – 20.000 euros d'amende, pas de suspension de stade –, après un coup de fil de Bernard Laporte au président de la commission d'appel Jean-Daniel Simonet, explique le ministère. Qui est donc allé au bout de la démarche.

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