Coupe du monde 2015 : Agustin Ormaechea le chef de meute du XV de l’Uruguay

RUGBY

TALENT - L’Uruguay affronte les Fidji ce mardi (à 21 heures) à Milton Keynes. Le XV des Teros, en grande partie amateur, comptera une fois de plus sur son demi-de-mêlée, Agustin Ormaechea, pour lutter face à la puissance et la vitesse des joueurs du Pacifique. Portrait de ce numéro 9 qui évolue à Mont-de-Marsan.

"Agustin ? Il a clairement le potentiel pour faire une carrière au-dessus de la Pro D2". L’hommage est signé de son entraîneur à Mont-de-Marsan, Christophe Laussucq. Arrivé dans les Landes en 2013, au même moment que l’ancien demi-de-mêlée de la Section Paloise, Agustin Ormaechea ne pourrait pas s’y éterniser très longtemps. "Je pense que s’il jouait dans une autre sélection, il serait déjà en Top 14", annonce même Luis Ara, ancien international uruguayen.

Pour les passionnés du ballon ovale, le nom d’Ormaechea rappelle forcément quelque chose. Celui de Diego, le père d’Agustin, qui portait déjà la liquette uruguayenne. Puissant numéro 8, le paternel est à ce jour le joueur le plus vieux (40 ans) à avoir inscrit un essai en Coupe du monde. C’était en 1999. Quatre ans plus tard, le natif de Montevideo prenait la tête des Teros. "Le père est un vrai passionné de ce sport, ce n’est pas étonnant que ses fils aient suivi la même voie", réagi Christophe Laussucq. Avec Juan Diego, l’aîné, et Agustin, le père a laissé un joli leg au rugby uruguayen.

Les yeux grands ouverts

Agustin Ormaechea fait partie des quatre professionnels uruguayens présents à la Coupe du monde en Angleterre. À seulement 24 ans, il est déjà un des cadres de la sélection qui a décroché in extremis son billet pour le mondial. Un sésame en partie dû au demi-de-mêlée montois, auteur de l’essai décisif face à la Russie lors du barrage qualificatif. De l’autre côté de la Manche, le demi-de-mêlée vit un rêve éveillé. "Il a le sourire jusqu’aux oreilles, des yeux grands ouverts, il se régale", témoigne son colocataire dans la ville landaise, Antoine Serres, venu le voir face aux Gallois.

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Avec l’Angleterre, l’Australie, le Pays de Galles et les Fidji dans la même poule, les Uruguayens sont servis. "Il était quand même un peu stressé avant le premier match", avoue le Français. Mais les Sud-américains ont été loin d’être ridicule pour des joueurs amateurs, "qui jouent en partie pour rendre le rugby plus populaire en Uruguay", explique Luis Ara. Cette Coupe du monde pourrait faire franchir un palier à certains joueurs. “Ce mondial peut faire gagner Agustin en expérience, dans la gestion des temps forts et des temps faibles”, espère son entraîneur.

Des passes à un arbre

Car sur le terrain, le démi-de-mêlée est un peu un chien fou. "C’est un bon défenseur, avec une très bonne technique et un excellent placement", décrit Luis Ara. Il organise, plaque, va au contact, attaque la ligne adverse. Des qualités acquises notamment grâce à sa formation de centre en Uruguay. "Il a été recruté en tant que numéro 9 mais lui jouait centre. Du coup pendant deux mois, il s’est entraîné à faire des passes à un arbre", révèle son colocataire. Au-delà de ses qualités physiques, l’Uruguayen dispose aussi d’une force de caractère rare. "Agustin est un vrai gagneur, il est très fort mentalement", raconte Christophe Laussucq.


Arrivé à Mont de Marsan, avec la pancarte de "jeune à gros potentiel" dans le dos, selon l’entraîneur des arrières du club de ProD2, celui qui a commencé le rugby à six ans s’est rapidement adapté à cette nouvelle culture. Aujourd’hui, "il parle couramment français, aime la bouffe française et est partant pour tout faire", se réjouit Antoine Serres. Pour autant, il n’en oublie pas sa "boisson de survie", le maté et les dulche de leche qu’il ramène après chaque séjour passé à Montevideo. En attendant qu’il revienne d’Angleterre avec d’autres souvenirs.

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