Coupe du monde de rugby : la lutte antidopage, priorité des priorités

Coupe du monde de rugby : la lutte antidopage, priorité des priorités

VIGILANCE - Les contrôles inopinés auxquels ont été soumis quatre joueurs du XV de France mercredi montrent que la lutte antidopage sera au cœur de cette Coupe du monde anglaise. Car outre-Manche, on tire la sonnette d'alarme depuis plusieurs mois quant à une recrudescence des pratiques illégales dans le rugby.

Dans la tourmente. Depuis quelque temps, le rugby international est secoué par des affaires que l'on croyait jusque-là réservées au cyclisme ou à l'athlétisme : en vrac, les révélations fracassantes sur un présumé dopage généralisé chez les Bleus dans des années 1980, des doutes sur les troubles neurologiques qui affectent les Sud-Africains champions du monde 1995 ou encore les récentes affirmations de la directrice de UK Anti-Doping (UKAD) pour qui le sport le plus à risque est... le rugby. 

EN SAVOIR + >> "Les corticoïdes font partie du quotidien des joueurs"

Et l'heure où la Coupe du monde s'ouvre vendredi et que l'on sait déjà qu'elle affichera une billetterie, des audiences et des revenus records, les enjeux en termes d'image et de crédibilité sont énormes pour la discipline. "Même si nous sommes convaincus qu'il n'existe pas de culture du dopage systématique dans le rugby, il faut se montrer intransigeant et World Rugby (l'organisateur du Mondial, ndlr) agit selon un principe de tolérance zéro", souligne d'ailleurs Bernard Lapasset, le président français de l'instance suprême. 

Une majorité de rugbymen dans les contrôles positifs au Royaume-Uni

Depuis que les vingt équipes en course ont posé leurs valises en Angleterre, c'est donc l'UKAD qui veille au grain. Il faut dire que l'agence antidopage britannique est en première ligne dans ce combat. Car comme le révélait la semaine passée sa dirigeante, Nicole Sapstead, à la la commission chargée de la Culture, des médias et des Sports du Parlement britannique : "Sur les 47 sportifs professionnels qui ont fait usage de produits interdits en 2015, 28 sont des rugbymen". 

EN SAVOIR + >>  Contrôles antidopage pour les Bleus au petit matin

Pendant la Coupe du monde, l'UKAD, qui ne souhaite pas en révéler le nombre ou la fréquence, procédera à des tests urinaires et sanguins, en dehors et pendant la compétition. C'est d'ailleurs à ces contrôles inopinés qu'ont été soumis au saut du lit mercredi quatre joueurs du XV de France. Leurs échantillons seront ensuite envoyés pour analyse au laboratoire de King's College à Londres et, comme lors des précédents Mondiaux en 2007 et 2011, seront conservés sept à huit ans pour d'éventuelles analyses ultérieures. 

"Le grand public a le droit de douter de la propreté de nos joueurs"

En 2014, World Rugby a commandé 2 021 tests antidopage, les deux tiers ayant eu lieu hors période de compétition, entraînant la suspension d'au moins deux joueurs déclarés positifs, un Moldave suspendu deux ans (stéroïde anabolisant) ainsi qu'un Sri Lankais, coupable d'avoir ingéré un corticostéroïde et suspendu six mois. Plus médiatique, le talonneur international sud-africain, Chiliboy Ralepelle, contrôlé positif à un stéroïde anabolisant en mars 2014 alors qu'il évoluait à Toulouse, a été suspendu deux ans le 6 septembre dernier (il l'était déjà provisoirement depuis le printemps 2014). 

EN SAVOIR + >> Soupçons de dopage chez les Boks de 1995

"Nous savons que nous avons un sport à risque, reconnaît auprès de l'AFP le Dr Christian Bagate, en charge de la lutte antidopage à la Fédération française de rugby. Le grand public a le droit de douter de la propreté de nos joueurs et malheureusement on trouve des compléments alimentaires contenant des produits dopants (testostérone, DHEA, corticoïdes...) en vente libre même dans les grandes surfaces". Et dans le dopage, le plus grand danger, c'est sans doute la suspicion généralisée.

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