Coupe du monde rugby 2015 : la ville de Rugby, là où le jeu a commencé

Coupe du monde rugby 2015 : la ville de Rugby, là où le jeu a commencé
RUGBY

REPORTAGE – Située à 140 km au nord-ouest de Londres, Rugby est le berceau de ce sport qui enflamme depuis plusieurs semaines l'Angleterre et le monde. Sur place, comme un musée à ciel ouvert, tout fait encore référence à William Webb Ellis et à sa course folle balle en main en 1823. Car c'est comme ça que le rugby est né.

Comme un voyage dans le temps. Londres, Victoria Station et direction Rugby. Un peu plus d'une heure de train pour quitter la capitale et revenir au début du XIXe siècle. Si cette ville coquette de 90.000 habitants a tout les attraits d'une banlieue chic et moderne avec ses restaurants "world cuisine", ses pubs connectés ou ses boutiques des grandes enseignes de vêtements, elle reste invariablement tournée vers son histoire. 

Mais pas de nostalgie rampante vers un passé regretté. Plutôt la fierté d'avoir marqué le sport mondial. De l'avoir inventé, même. Dans les rues du centre-ville, au sol, des plaques ovales en forme de ballon : David Campese, Jonny Wilkinson, Serge Blanco... les légendes du rugby vous mènent vers une autre partie de la ville. Une autre époque. 

Celle où William Webb Ellis n'était qu'un simple élève de la vénérable Rugby School. Un temps où ce jeune étudiant a osé "casser les règles" pour prendre un ballon de football à la main et partir dans une course folle sur la pelouse de cet établissement fondé au XVIe siècle. 

Nous sommes en novembre 1823, le "football comme on le pratique à Rugby" vient de voir le jour. Et depuis, rien n'a changé ou presque. Le terrain sur lequel la discipline est née est aujourd'hui encore entretenu comme une relique. Une pelouse sacrée. Tout autour, une école très british où l'on exige l'excellence et dans laquelle les élèves s'affairent en uniformes traditionnels. 

Une sorte de Poudlard pour des Harry Potter sans pouvoir magique mais aux parents fortunés (40 000 euros l'année, tout de même). Pas de Quidditch, donc, mais du rugby, encore du rugby. Le jeune Webb Ellis y est évidemment un modèle, symbole d'un passé qui veut inspirer sans écraser. "Ce que nos élèves doivent retenir de William, c'est qu'il faut bien évidemment respecter les règles mais aussi, parfois, les contourner et prendre des risques", nous explique Peter Green, le directeur de la Rugby School. 

Et comme tout culte, il y a donc des idoles mais aussi un Livre : un cahier d'écolier où pour la première fois, les règles de la discipline ont été couchées noir sur blanc par un comité d'élèves le 28 août 1845. 

L'ouvrage est conservé dans le petit musée de l'école. Aux murs, des gravures montrant les premiers matches de ce pré-rugby où l'on pouvait s'affronter à 75 contre... 221 ! 

Depuis, les terrains sont moins évidemment bondés et l'on y joue à quinze contre quinze depuis longtemps maintenant. Quant à William Webb Ellis, il a donné son nom au trophée remis aux vainqueurs de la Coupe du monde et a bien évidemment eu droit à sa statue en ville. 

L'édifice, qui fige l'étudiant en mouvement, fait d'ailleurs face à un autre pan de l'histoire de ce sport : la boutique où ont été confectionnés par un certain William Gilbert les premiers ballon de rugby de l'histoire, à base de vessies de porc. 

L'échoppe du 5-6 Saint Mathew's Street ne fait aujourd'hui qu'une rapide référence à ce cordonnier, car le groupe qui a racheté la marque éponyme en 2002 garde jalousement ses prérogatives sur l'utilisation de sa pépite, premier (et presque unique) fournisseur mondial de ballons ovales. Alors, ceux que l'on confectionne encore à l'ancienne, à Rugby, porteront le nom du héros de la ville : William Webb Ellis. Nous sommes bien en terre de pèlerinage.

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