France - All Blacks : Uini Atonio, le plus néo-zélandais des Français

RUGBY

PORTRAIT - Le pilier XXL d'origine néo-zélandaise trimbale sa bonne humeur dans le groupe France depuis novembre dernier. Surnommé ”Winnie l'ourson” ou ”gros sac”, le joueur du Stade rochelais ”n'est pas là non plus pour amuser la galerie”, explique son entraîneur Patrice Collazo.

Samedi, il aurait pu être dans le camp d'en face. Plutôt que d'enchaîner "God defend New Zealand" et le haka, Uini Atonio chantera "La Marseillaise", apprise par cœur en novembre 2014. Né à Timaru (région de Canterbury), formé au Wesley College, le pilier est un kiwi qui aurait aussi pu choisir de défendre les couleurs des Samoa, île de ses parents et dont il a fréquenté la sélection des moins de 20 ans.

Mais le 8 novembre 2014 face aux Fidji, c'est finalement un maillot bleu frappé du Coq qu'Atonio (25 ans) a revêtu, le portant en tout à 10 reprises, avant une éventuelle 11e cape, s'il venait à ne pas être relégué en tribunes pour le quart de finale face à ses compatriotes (la composition doit être dévoilée ce jeudi). "Quand j'ai rejoint cette équipe, je savais que je serai amené à jouer contre les All Blacks un jour, explique l'international . Les affronter à la Coupe du monde est grand. Ce sera difficile à digérer au début mais maintenant, je suis à 100% pour les couleurs que je représente."

Capitaine dès sa deuxième saison à La Rochelle

Tout a basculé en 2011 quand le Stade rochelais, alors en Pro D2, recrute ce gaillard (1,97 mètre, 145 kg aujourd'hui). Pilier lui-même, Patrice Collazo, tout juste nommé, l'avait repéré lors d'un tournoi de rugby à 7 à Hong Kong. La première saison, il digère les contraintes du rugby professionnel et apprend. Dès la deuxième, il est nommé capitaine. "C'est un joueur important de notre effectif, sa capacité à toujours faire avancer l'équipe entraîne les autres, leur donne confiance, explique à metronews l'entraîneur des avants rochelais. Il a aussi pris ses responsabilités avec le temps alors qu'il est très jeune.”

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Sa bonhomie et son sourire ont inspiré son surnom, ”Winnie l'Ourson”, même si son physique tient davantage du grizzli que du nounours en peluche. "C'est quelqu'un qui va vers les autres, ouvert et curieux de nature", apprécie Collazo. Ses premières interviews avec le groupe France, intégré quelques mois à peine après le retour de La Rochelle en Top 14, ont renvoyé l'image d'un homme spontané, à l'aise pour parler des burgers qu'il ingurgite par paires. "Mais 'Gros sac' (son surnom à La Rochelle) n'est pas là non plus pour amuser la galerie", tempère son coach.

”La gestuelle d'un trois-quart avec la puissance d'un avant”

Pour cette Coupe du monde, sa bonne humeur n'est pas de trop. Car Uini Atonio passe l'essentiel de son temps loin du terrain. Quarante-neuf minutes de jeu contre la Roumanie, aucune lors des trois autres rencontres. Bien peu pour le joueur le plus lourd de la compétition, pour lequel l'équipementier du XV de France a dû créer un tee-shirt en taille 13 quand un 12 suffit à habiller Vincent Debaty, 1,90 mètres pour 120 kg.

”Il a la gestuelle d'un trois-quart avec la puissance d'un avant, vante son entraîneur en club. Mais le staff français a sa stratégie propre. Si on veut des joueurs qui portent le ballon et monopolisent les défenseurs, c'est l'homme de la situation. Si on prend l'option de courir et défendre aux quatre coins du terrain, ce n'est peut-être pas le joueur qu'il faut.” Face aux All Blacks, c'est plutôt la deuxième option qui devrait prévaloir. Et Atonio regarder de loin le match entre ses deux pays.

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