France - Irlande : pour Yoann Maestri, le XV de France "n'est pas une grande équipe"

RUGBY
LUCIDITÉ - Toujours très fin dans ses analyses, le deuxième ligne est resté un long moment en zone mixte pour tenter d'expliquer aux médias les raisons de la défaite française face à l'Irlande dimanche (9-24). Et comme souvent avec Yoann Maestri, c'est très instructif.

Comment expliquer cette seconde période catastrophique du XV de France ?
Même si on a longtemps très bien défendu, on s'est épuisés à subir les vagues irlandaises alors que devant on a été trop faibles. Au bout d'un moment, ça a lâché. C'est rageant, car jusqu'à 10 minutes de la fin du match, il y a 9-14 et tu peux encore revenir. A condition d'être plus rigoureux et pragmatique devant. 

Cette défaite s'explique donc par vos lacunes offensives ?
Oui, car on a été beaucoup trop perméables en conquête et on a surtout eu trop peu le ballon pour mettre en place des choses et essayer de les mettre en difficulté. Quand tu perds le ballon après deux ou trois temps de jeu, tu ne peux pas faire grand-chose. C'est pénible, car ce sont souvent les mêmes erreurs qui se répètent...

"Sur le papier, on a 25 % de chance de gagner face aux Blacks"

C'est un coup d'arrêt dans la progression de cette équipe ?
Oui, car sur ce genre de rencontre de très haut niveau, on voit qu'on n'est pas une grande équipe. On voulait montrer qu'on avait progressé ces derniers mois et on s'est ratés. Pourtant, on avait l'impression de les dominer physiquement, on leur a même fait péter des joueurs (Jonathan Sexton, Paul O'Connell et Peter O'Mahony, ndlr). Mais le rugby ça ne peut pas être que du 'rentre-dedans', il faut aussi du jeu, de l'alternance... Et ça, on n'a pas su le faire. 

Qu'est-ce qui vous fait croire cela ne sera pas pire contre la Nouvelle-Zélande ? 
Parce qu'on est capable d'être beaucoup plus costauds que ce que l'on a montré contre l'Irlande. C'est vrai qu'on tombe face à l'ogre de la compétition, le champion du monde en titre. Mais à nous de nous relever et de savoir quel visage on veut donner à notre parcours. Là, on est abattus mais ça ne va pas durer. Sur le papier, on a 25 % de chance de gagner face aux Blacks. Il faut donc tout mettre en place pour créer la surprise et Dieu sait qu'en sport, il y a des surprises. 

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