France - Irlande : Simon Zebo, le coq de Cork

RUGBY

PORTRAIT — L'ailier du XV du trèfle Simon Zebo a une mère irlandaise et un père français. Assez pour rendre un match France - Irlande particulier, trop peu pour le bouleverser.

L'ailier irlandais Simon Zebo sera peut-être le seul homme du stade à connaître les deux hymnes nationaux dimanche soir. Une certitude cependant : quelques secondes avant le début du match pour la première place de la poule D entre l'Irlande, où il est né (à Cork) comme sa mère, et la France, son "deuxième pays", par son père, l'ailier du Munster aura un maillot vert sur les épaules. Comme son paternel, Martiniquais de naissance mais Irlandais dès qu'il aperçoit un ballon ovale.

Simon Zebo : "Je n'ai pas trop parlé de ce match avec lui (rires). Mais je pense que mon père va avoir un maillot de l'Irlande sur les épaules". Présent en conférence de presse ce mardi pour aborder la question du match entre ses deux pays, il avoue que l'émotion ne sera pas débordante : "J'ai déjà joué contre la France donc il n'y a plus l'élément de surprise ou d'émotion pour ma famille et moi. Ce n'est plus aussi spécial que ça l'a été la première fois".

11 secondes au 100 m

Si l'ancien ouvreur irlandais Tony Ward, chroniqueur pour The Independent, ne le vois pas débuter le match , lui préférant Kearley, Bowe et Earls sur les ailes et à l'arrière, Zebo a encore l'espoir d'être titulaire : "Si je fais partie de l'équipe, ce sera une super occasion de jouer à nouveau contre mon deuxième pays". Un pays qu'il porte dans son passeport, et dans son rugby, plus latin que celui de ses coéquipiers  : "Je dirais que mon histoire perso se ressent dans mon style de jeu. Dans ma famille, on est très expressif et sur le terrain je suis comme je suis en privé".

Si c'est effectivement le cas, Simon Zebo ne doit pas souvent rater le bus. Avec un record personnel de 11,1 secondes sur 100 mètres , il aurait pu emprunter une carrière d'athlète aussi bien que celle de rugbyman. Il avait pourtant un bon exemple sous les yeux : son père Arthur, encore lui, est passé tout près de représenter la France aux Jeux olympiques de 1976 sur le 800m, avant d'être écarté de la délégation pour une fracture de la jambe. Une histoire qui poursuit malheureusement la famille, puisque la sœur de Simon, Jessika, en course pour représenter l'Irlande aux J.O. de Londres sur le 400 m haies, a vu son rêve brisé par une blessure au tendon d'achille. Trop solitaire, trop monotone pour Simon, la piste n'a finalement pas fait le poids contre un sport d'équipe où l'on joue avec les collègues.

Un supplément d'âme

Et tant mieux pour le rugby irlandais. Titulaire à l'aile avec sa province du Munster depuis 2011, première sélection un an plus tard à 22 ans, il gagne progressivement sa place à l'arrière du XV du trèfle et participe au Tournoi des VI nations 2013 remporté par l'Irlande. L'arrivée de Joe Schmidt, homme de rigueur et de discipline, à la tête de la sélection nationale et une blessure au pied remettent un temps en cause son statut de titulaire, mais son flair et sa vitesse parlent pour lui. Et certainement aussi un supplément d'âme dans les semaines qui viennent.

L'ailier a dû quitter son équipe mardi dernier pour assister aux obsèques de celui qui était " comme un père " pour lui, son grand-père maternel, le dimanche 28 septembre, au lendemain d'un match remporté par Simon et les siens contre la Roumanie. S'il a tenu à rappeler combien ses coéquipiers avaient été chaleureux à ce moment, Simon Zebo a aussi avoué que ces quelques jours avaient été durs à surmonter. Un événement de ceux qui vous transcendent un homme.

Dimanche, sur la pelouse du Millenium Stadium de Cardiff, Philippe Saint-André et l'équipe de France feraient bien d'avoir à l'œil ce frère ennemi d'un soir.

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