France - Nouvelle-Zélande : Ben Smith, l'anti-star des All Blacks

RUGBY
DISCRÉTION - Titulaire au centre après avoir longtemps été positionné à l'aile, le Néo-Zélandais est une des pièces-maîtresse des champions du monde en titre qui affrontent le XV de France samedi soir (21 heures). Pourtant, Ben Smith a mis du temps à s'imposer chez les All Blacks, et toujours sans faire de bruit.

On pourrait le confondre avec monsieur Tout-le-monde. Avec son un physique quelconque pour un joueur de rugby (1,86 m pour 93 kg) et son sourire parfois gêné, quand on voit Ben Smith (29 ans, 45 sélections) répondre très poliment, voire timidement, à vos questions en conférence de presse, on ne se douterait pas que sur le terrain, l'ailier passé par le centre plus l'arrière des All Blacks est un véritable poison. Insaisissable et tranchant, le joueur des Otago Highlanders a d'ailleurs sans faire de bruit éclipser et pris la place dans cette Coupe du monde d'Israel Dagg, la nouvelle star annoncée du rugby néo-zed. Et si Smith avait vu depuis le canapé de son salon Dagg être sacré champion du monde en 2011, quatre ans plus tard, c'est lui qui rêve de lui succéder. 

"C'était un très bon joueur mais certainement pas une superstar. Ce mec qui est devenu ailier des All Blacks n'était même pas parmi les plus rapides !, disait pourtant de lui il y a quelques années Darryl Paterson, son entraîneur au lycée, à la presse néo-zélandaise.  J'ai toujours du mal à croire à quel point il est devenu fort. Mais il lui a toujours fallu du temps, quel que soit le niveau, pour prendre conscience de ses capacités". Il faut dire que le garçon ne s'est consacré au rugby qu'après le bac, lorsqu'il est revenu au pays d'une année de "césure" passée à Bristol en Angleterre à faire le bonheur d'une équipe universitaire du coin. 

"Je n'aime pas trop me mettre en avant, rouler des mécaniques"

Et ce n'est que quelques années plus tard, qu'il a éclos aux Highlanders. Puis chez les All Blacks à partir de 2012, trois ans après sa première sélection. "En 2009, je n'ai joué qu'un test et n'ai probablement pas fait un bon match. Cela a ensuite été dur, pendant quelques années, de revenir en sélection, explique Smith à espn . J'ai juste probablement appris quelques trucs en plus, j'ai sans doute acquis un peu plus de maturité". Et de la polyvalence aussi : ballotté à l'aile et au centre, signe de son talent polymorphe, le natif de Dunedin est également médaillé d'or à VII aux jeux du Commonwealth en 2010.

Malgré son statut de titulaire dans la meilleure équipe du monde, le joueur n'a pas changé et préfère jouer la carte de la discrétion au milieu des mastodontes médiatiques que sont Richie McCaw, Daniel Carter ou Ma'a Nonu. Le trait de caractère, dit-on en Nouvelle-Zélande, des gens de l'île du sud, plus rurale et rude que celle du nord. "Je n'aime pas trop me mettre en avant, rouler des mécaniques. Nous (ceux du sud) aimons faire discrètement notre boulot et le mieux possible,  confie encore Ben Smith. Oui, c'est vrai, en bas à Dunedin nous attirons peu les médias". Pourtant samedi au Millennium face aux Bleus, c'est bien lui qui pourrait prendre toute la lumière. 

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